Politique

Orpaillage clandestin : après Yamoussoukro, l’État passe à l’offensive sur le terrain

Par Stan ADJELe jeudi 1 octobre 2026 à 13:57
Orpaillage clandestin : après Yamoussoukro, l’État passe à l’offensive sur le terrain

Le Conseil national de sécurité (CNS) veut accélérer la lutte contre l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire. Mercredi 30 septembre 2026, à la caserne de gendarmerie d’Agban, à Abidjan, l’État a remis une première importante dotation aux forces engagées sur le terrain. Objectif affiché : renforcer leur mobilité, leur capacité de surveillance et leur renseignement, avec une échéance de six mois pour tenter d’éradiquer le phénomène.

Le message envoyé par les autorités est clair : après plusieurs années d’opérations, la lutte contre l’exploitation clandestine de l’or entre dans une phase plus offensive. À Agban, le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GSLOI), la Brigade spéciale de surveillance et d’intervention, la Gendarmerie nationale et les forces des Eaux et Forêts ont reçu notamment 30 pick-up, 35 véhicules de transport de troupes, 300 motos, 12 zodiacs et des drones. Ces moyens sont destinés à plusieurs zones particulièrement concernées par le phénomène.

La cérémonie, présidée par le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, intervient quelques semaines après l’atelier national organisé les 4 et 5 septembre à Yamoussoukro. Cette rencontre avait déjà fait émerger plusieurs pistes : durcissement des sanctions, surveillance accrue des cours d’eau, restauration des sites dégradés, meilleure traçabilité de l’or et accompagnement des ressortissants ivoiriens vers des activités génératrices de revenus.

Le nouveau dispositif cherche surtout à corriger l’un des problèmes régulièrement rencontrés sur le terrain : la difficulté à intervenir rapidement dans des zones reculées, forestières ou difficiles d’accès. Les moyens nautiques doivent notamment faciliter la surveillance des cours d’eau, tandis que les drones doivent contribuer au renseignement et au repérage des sites clandestins. Le dispositif complet commandé par le CNS comprend 48 pick-up, 40 véhicules de transport de troupes, 360 motos, 84 zodiacs, 35 drones et 10 GPS.

Mais l’enjeu dépasse désormais la seule question du matériel. Les autorités veulent placer les préfets de région au cœur de la coordination des opérations et renforcer le partage d’informations entre les forces de sécurité, les Eaux et Forêts et les structures locales. Téné Birahima Ouattara a également insisté sur la nécessité d’agir dans le respect de la loi et des droits des populations.

Cette orientation intervient alors que le gouvernement reconnaît la persistance, voire le regain, des activités clandestines malgré les opérations déjà menées. Le CNS évoque notamment des complicités locales et des financements permettant aux réseaux de se maintenir.

La véritable question est donc désormais celle de l’efficacité sur le terrain. Les six prochains mois devront permettre de vérifier si ces nouveaux moyens, associés à une meilleure coordination et au renseignement, peuvent réellement réduire durablement l’orpaillage illégal. Car au-delà des sites détruits ou évacués, c’est la capacité à empêcher leur réinstallation et à agir sur les réseaux qui soutiennent cette activité qui constituera l’un des principaux tests de cette nouvelle offensive.