Politique

Côte d’Ivoire : les préfets se donnent six mois pour éradiquer l’orpaillage illégal

Par ESSOH EmmanuelLe mercredi 9 septembre 2026 à 11:01
Côte d’Ivoire : les préfets se donnent six mois pour éradiquer l’orpaillage illégal

En Côte d’Ivoire, les préfets disposent désormais de six mois pour éradiquer l’orpaillage illégal dans leurs circonscriptions. Cette nouvelle stratégie vise à renforcer la coordination des forces de sécurité et à s’attaquer aux réseaux qui alimentent le phénomène, alors que plus de 8 500 sites clandestins ont déjà été démantelés depuis 2021

La lutte contre l’orpaillage illégal prend une nouvelle dimension en Côte d’Ivoire. Le samedi 5 septembre 2026, le corps préfectoral a officiellement pris l’engagement d’éradiquer le phénomène dans un délai de six mois.

Cet engagement a été finalisé à l’issue de l’Atelier national de concertation et d’harmonisation des mécanismes de lutte contre l’orpaillage illégal, organisé à Yamoussoukro, à l’Hôtel Président. Les travaux se sont déroulés sous la direction de Fidèle Sarassoro, secrétaire exécutif du Conseil national de sécurité (CNS), en présence de plusieurs membres du gouvernement, notamment Vagondo Diomandé, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, et Assahoré Konan Jacques, Ministre des Eaux et Forêts.

Les préfets placés au cœur du dispositif

À l’issue de cette rencontre, les préfets de région ont été « mis en mission » avec une feuille de route claire : obtenir des résultats concrets dans leurs circonscriptions au cours des six prochains mois.

Parmi les autorités préfectorales mobilisées figure Gonbagui Gueu Georges, préfet de la région de la Marahoué et préfet du département de Bouaflé. Il a notamment relayé publiquement l’exigence d’une évaluation rigoureuse des résultats au terme du délai fixé.

Dans l’Indénié-Djuablin, le préfet de région et préfet du département d’Abengourou, Kouadio Kouassi Eugène, a présenté les actions déjà engagées localement. Parmi celles-ci figure notamment le recours à des drones de surveillance hebdomadaires pour mieux détecter les activités d’orpaillage clandestin.

Le préfet de la région du Bélier, à Yamoussoukro, a également participé aux travaux en tant qu’autorité hôte de la rencontre.

Une stratégie qui veut s’attaquer aux réseaux

La nouvelle doctrine ne repose plus uniquement sur la fermeture des sites clandestins. Elle vise également les réseaux qui permettent à cette activité de prospérer.

Le premier axe concerne le renseignement et l’alerte, avec une implication accrue des populations locales et des chefs de villages. Le deuxième repose sur une meilleure coordination territoriale des forces de sécurité.

La réponse judiciaire constitue également un volet central. Les autorités entendent cibler les commanditaires, les financeurs, les facilitateurs ainsi que ceux qui contribuent à la mise à disposition illégale de terres.

Enfin, la Côte d’Ivoire entend renforcer la coopération transfrontalière, notamment face à la circulation des acteurs et aux conséquences environnementales qui dépassent parfois les frontières nationales.

Plus de 8 500 sites démantelés depuis 2021

Malgré les efforts déjà engagés, l’orpaillage illégal reste un défi majeur. Plus de 15 milliards de FCFA ont été mobilisés au cours des cinq dernières années pour lutter contre le phénomène.

Selon le dernier bilan communiqué par le CNS, plus de 8 500 sites clandestins ont été démantelés depuis 2021. Les opérations ont également conduit au déferrement de 4 474 personnes devant les tribunaux, dont 65 % sont des ressortissants étrangers.

Les forces engagées dans cette lutte ont par ailleurs saisi 960 millions de FCFA en espèces ainsi qu’environ 136 kilogrammes d’or.

Six mois pour obtenir des résultats

Avec cet engagement officialisé le 5 septembre 2026, le gouvernement veut accélérer la lutte contre un phénomène qui représente une menace pour l’environnement, la sécurité et l’économie nationale.

La responsabilité repose désormais largement sur les autorités préfectorales. Elles devront coordonner les actions sur le terrain, renforcer la surveillance et démontrer, au terme des six mois impartis, leur capacité à atteindre l’objectif fixé.

Le compte à rebours est donc lancé : six mois pour faire reculer, et à terme éradiquer, l’orpaillage illégal sur l’ensemble du territoire ivoirien.