Mort de Diego Maradona : son ancien médecin Leopoldo Luque risque 12 ans de prison

Près de six ans après la mort de Diego Maradona, son ancien médecin personnel, Leopoldo Luque, risque 12 ans de prison en Argentine. Sa défense a plaidé l’acquittement en octobre 2026
Près de six ans après la disparition de Diego Maradona, la justice argentine cherche toujours à établir les responsabilités dans la mort de la légende du football. Au cœur de cette affaire figure Leopoldo Luque, le neurochirurgien qui était le médecin personnel de l’ancien capitaine de l’Argentine. Poursuivi avec six autres professionnels de santé, il risque jusqu’à 12 ans de prison. En octobre 2026, ses avocats ont plaidé son acquittement, dénonçant une volonté de faire de leur client un bouc émissaire.
Le 25 novembre 2020, le monde du football est frappé par une nouvelle qui provoque une immense émotion : Diego Maradona meurt à l’âge de 60 ans. L’ancien numéro 10 argentin se trouvait alors en convalescence dans une résidence privée de Tigre, près de Buenos Aires, après une intervention neurochirurgicale destinée à traiter un hématome sous-dural.
Les premières constatations médicales font état d’un œdème pulmonaire aigu associé à un arrêt cardiorespiratoire. Mais les circonstances du décès soulèvent rapidement des interrogations sur la qualité de la prise en charge médicale dont bénéficiait l’ancien champion.
Dès le 25 novembre 2020, le parquet de San Isidro ouvre une enquête pénale afin de déterminer les causes exactes de sa mort. Les investigations doivent notamment établir si d’éventuels manquements médicaux ont contribué à cette issue fatale.
Dans les jours qui suivent, les filles de Maradona, Dalma, Gianinna et Jana, sont entendues par la justice. Entre le 26 et le 28 novembre 2020, leurs témoignages contribuent à attirer l’attention des enquêteurs sur les conditions dans lesquelles leur père avait été suivi pendant sa convalescence.
Le 29 novembre 2020, l’enquête franchit une nouvelle étape. Le parquet requiert des perquisitions au cabinet et au domicile du Dr Leopoldo Luque. Le praticien est alors visé par des investigations pour homicide involontaire, dans le cadre des recherches sur les éventuelles responsabilités liées au décès.
Les investigations se poursuivent au cours des mois suivants. En mars 2021, la justice met en place une commission médicale pluridisciplinaire chargée d’examiner la prise en charge de Maradona et les circonstances de sa disparition.
Les conclusions de cette expertise vont peser dans la suite de la procédure. Les experts estiment que la prise en charge de l’ancien footballeur présentait de graves insuffisances et considèrent que l’équipe soignante l’a laissé « abandonné à son sort », selon les termes rapportés dans la presse.
Ce constat renforce les interrogations sur l’organisation des soins à domicile, la surveillance de l’état de santé du patient et la réaction des professionnels face aux signes de détérioration.
Pour autant, les conclusions des experts ne suffisent pas, à elles seules, à déterminer la culpabilité pénale de chaque personne mise en cause. Il revient à la justice d’examiner les responsabilités individuelles et d’établir si les manquements présumés peuvent être juridiquement imputés aux accusés.
Les enfants et les sœurs de Maradona se constituent parties civiles au cours de la procédure. Cette démarche leur permet de défendre leurs intérêts dans le dossier et de demander que les circonstances de la mort de leur proche soient pleinement éclaircies.
Plusieurs années après l’ouverture de l’enquête, Leopoldo Luque se retrouve parmi les principaux accusés du procès ouvert en avril 2026 à San Isidro, en Argentine. Au total, sept professionnels de santé, dont des médecins, des infirmiers, une psychiatre et un psychologue, doivent répondre de leur rôle présumé dans la prise en charge de l’ancien champion.
Le parquet reproche notamment à Luque de ne pas avoir réagi de manière appropriée face aux signaux d’alerte concernant l’état de santé de son patient. L’accusation estime que des mesures plus adaptées auraient dû être prises pour assurer sa sécurité.
Le 8 octobre 2026, le ministère public requiert 12 ans de prison contre le neurochirurgien, ainsi qu’une interdiction d’exercer la médecine pendant dix ans. Les poursuites reposent sur la qualification d’« homicide avec dol éventuel », qui suppose notamment que le risque mortel ait été envisagé et accepté.
D’autres membres de l’équipe médicale sont également concernés par les réquisitions. Les parties civiles, notamment les enfants de Maradona, réclament quant à elles des peines pouvant atteindre 16 ans de prison pour certains accusés.
Ces demandes restent toutefois des réquisitions et des prétentions des parties civiles. Seul le tribunal pourra décider des responsabilités et des éventuelles sanctions.
Face aux accusations, Leopoldo Luque conteste toute responsabilité pénale dans la mort de son ancien patient. En octobre 2026, ses avocats plaident son acquittement et dénoncent une présentation qu’ils jugent injuste de son rôle dans cette affaire.
La défense soutient que le neurochirurgien ne contrôlait pas l’ensemble du dispositif de soins à domicile, dont l’organisation impliquait le prestataire privé Swiss Medical. Elle conteste ainsi l’idée selon laquelle il aurait eu la maîtrise de toutes les décisions prises pendant la convalescence de Maradona.
Pour ses conseils, les responsabilités doivent être examinées individuellement et les éléments du dossier ne permettent pas de faire de leur client le principal responsable du drame. Ils remettent également en question le lien entre les manquements reprochés et le décès du champion.
Cette stratégie s’oppose directement à la thèse de l’accusation, qui considère que les défaillances de l’équipe médicale ont contribué à la mort de l’ancien footballeur.
Au 22 octobre 2026, les plaidoiries de la défense ont marqué une étape importante du procès. La décision est désormais attendue pour départager les arguments des différentes parties et déterminer si les accusations sont suffisamment étayées pour justifier des condamnations.
Pour la famille de Diego Maradona, cette procédure représente une longue quête de vérité, commencée le jour même de sa disparition. Pour les professionnels de santé poursuivis, elle constitue une épreuve judiciaire au cours de laquelle chacun doit répondre des faits qui lui sont reprochés.
Au-delà du sort de Leopoldo Luque, l’affaire soulève une question essentielle sur la responsabilité médicale : comment garantir une prise en charge adaptée lorsqu’un patient présente un état de santé particulièrement fragile ?
Près de six ans après la mort de l’icône argentine, la justice doit désormais déterminer si des fautes ont été commises et, le cas échéant, qui doit en répondre. En attendant le verdict, Leopoldo Luque et les autres accusés demeurent présumés innocents.
