Sport

Ligue de la Souveraineté : près de 1 000 emplois annoncés au Burkina Faso

Par Stan ADJELe jeudi 15 octobre 2026 à 12:14
Ligue de la Souveraineté : près de 1 000 emplois annoncés au Burkina Faso

La création de la Ligue de la Souveraineté marque une nouvelle étape dans la politique sportive du Burkina Faso. Le capitaine Ibrahim Traoré a annoncé, le 12 octobre 2026 à Ouagadougou, près de 1 000 emplois et une rémunération mensuelle minimale de 200 000 FCFA pour les athlètes sélectionnés. Derrière cette initiative, les autorités affichent une double ambition : professionnaliser le sport et en faire un outil d’encadrement de la jeunesse face aux risques liés à la drogue et à l’alcool.

Le projet a été au centre des échanges entre le chef de l’État, les gouverneurs de région et plusieurs responsables sportifs. L’objectif affiché est de mieux répartir les possibilités de pratique sportive sur le territoire national, alors que les infrastructures et les compétitions restent inégalement développées selon les régions. Les gouverneurs devront notamment coordonner le recrutement des entraîneurs, organiser les championnats régionaux et participer à la sélection des jeunes talents.

La Ligue de la Souveraineté s’inscrit dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour la relève et la promotion de l’élite sportive. Le dispositif prévoit une rémunération minimale de 200 000 FCFA par mois pour chaque athlète retenu, assortie d’avantages complémentaires. La création de près de 1 000 emplois est annoncée, même si la répartition précise des postes et les modalités de mise en œuvre devront être clarifiées.

Le financement constitue un autre enjeu majeur. Ibrahim Traoré a appelé les opérateurs économiques à soutenir le fonctionnement de la compétition dans les différentes régions. Il a qualifié leur participation de « contribution volontaire mais obligatoire », une formule qui soulève des questions sur les modalités concrètes de cette mobilisation du secteur privé. Les moyens consacrés aux déplacements, à l’hébergement, aux primes et aux infrastructures seront également déterminants pour assurer la régularité du championnat.

Au-delà de la performance sportive, le président burkinabè entend faire de cette ligue un moyen de prévention contre la consommation de drogues, de tabac et d’alcool. Le 13 octobre, il a notamment réaffirmé son opposition à l’importation illégale de certaines boissons alcoolisées, dont la Vody, malgré les mesures d’interdiction en vigueur. Les autorités présentent ainsi la compétition comme une possibilité d’offrir aux jeunes des perspectives et un cadre d’engagement différent.

Reste à savoir comment cette ambition se traduira sur le terrain. La régularité des rémunérations, la transparence dans la gestion des fonds, l’accès aux équipements et la qualité de l’encadrement seront essentiels pour juger les résultats de la Ligue. Son lancement pourrait ouvrir de nouvelles perspectives aux talents locaux, à condition que les engagements annoncés se concrétisent durablement.