Gianni Infantino : pourquoi l’Afrique reste son principal bastion à la FIFA

À l’approche de l’élection de la FIFA en 2027, Gianni Infantino peut compter sur un soutien important en Afrique. Samuel Eto’o, Patrice Motsepe et Yacine Idriss Diallo figurent parmi les dirigeants qui renforcent son influence sur un continent qui représente 54 voix au sein de la FIFA
Alors que Gianni Infantino fait face à des critiques croissantes dans certaines parties du monde du football, notamment en Occident, le président de la FIFA peut toujours compter sur un soutien solide en Afrique. À l’approche de l’élection présidentielle de mars 2027, le continent apparaît comme l’un de ses principaux atouts politiques.
Avec 54 fédérations membres, l’Afrique représente environ un quart des voix au sein de la FIFA. Un poids considérable pour Gianni Infantino, qui cherchera à conserver son fauteuil lors du Congrès électif prévu le 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc.
Une présidence de plus en plus contestée en Occident
Le président de la FIFA est loin de faire l’unanimité. Son mode de gouvernance et plusieurs de ses projets ont suscité des critiques au sein de différentes confédérations.
L’un des principaux sujets de tension concerne notamment un projet controversé lié à l’ouverture du capital de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Cette initiative a provoqué une levée de boucliers et alimenté les inquiétudes autour d’une possible marchandisation accrue du football mondial.
L’UEFA, mais aussi d’autres confédérations comme la Concacaf et l’AFC, ont exprimé des réserves à l’égard de la gouvernance d’Infantino. Ses détracteurs lui reprochent notamment de donner une place trop importante aux considérations économiques au détriment des équilibres sportifs et institutionnels.
En Afrique également, certaines voix critiques existent. Elles portent notamment sur le calendrier international, la gestion des compétitions et la protection des joueurs africains.
L’Afrique, un soutien stratégique
Face à ces contestations, Gianni Infantino conserve une relation privilégiée avec de nombreux dirigeants africains. Son approche du continent repose notamment sur une présence régulière auprès des fédérations, des dirigeants sportifs et des responsables politiques.
Le programme FIFA Forward constitue l’un des principaux leviers de cette relation. Grâce à ce dispositif, les fédérations bénéficient de financements destinés notamment au développement des infrastructures, à la formation et à la structuration du football.
Pour de nombreuses fédérations africaines, ces investissements représentent une source importante de financement. Cette politique contribue à expliquer la fidélité d’une partie du continent au président de la FIFA.
À cela s’ajoute une autre évolution majeure : l’augmentation du nombre de places accordées à l’Afrique pour la Coupe du monde. Le passage à neuf places directement qualificatives, avec une possibilité supplémentaire via les barrages, a renforcé le sentiment que la représentation africaine dans le football mondial s’est améliorée sous l’ère Infantino.
Samuel Eto’o, l’un de ses soutiens les plus visibles
Parmi les défenseurs les plus assumés du président de la FIFA figure Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot).
En septembre 2026, l’ancien capitaine des Lions indomptables a renouvelé publiquement son soutien à Infantino, estimant que celui-ci était « celui qui a le plus apporté à l’Afrique ». Pour Eto’o, le continent doit avant tout défendre ses propres intérêts et éviter que ses choix soient dictés par les rapports de force extérieurs.
Cette position illustre une réalité politique : pour une partie des dirigeants africains, le bilan d’Infantino doit être apprécié à l’aune des avantages obtenus pour le football du continent.
Idriss Diallo, un soutien ivoirien dans le camp d’Infantino
La Côte d’Ivoire figure également parmi les soutiens africains importants de Gianni Infantino. Yacine Idriss Diallo, président de la Fédération ivoirienne de football (FIF), entretient des relations étroites avec l’instance mondiale et a affiché son soutien à la politique menée par le président de la FIFA.
Sa position prend une importance particulière après sa réélection à la tête de la FIF le 12 septembre 2026. Seul candidat, Idriss Diallo a obtenu 123 voix sur 149 suffrages exprimés, décrochant ainsi un deuxième mandat de quatre ans.
La reconduction du dirigeant ivoirien renforce son poids au sein du football africain et international. Son soutien à Infantino s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération entre la FIF et la FIFA, alors que la Côte d’Ivoire cherche à consolider les acquis de son football et à poursuivre les projets de développement engagés ces dernières années.
Dans la perspective de l’élection de 2027, l’appui de responsables comme Idriss Diallo, Samuel Eto’o et Patrice Motsepe contribue à renforcer la position du président de la FIFA sur le continent.
Motsepe et plusieurs fédérations dans le camp d’Infantino
Le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, apparaît également comme un partenaire important du président de la FIFA. Les relations étroites entre les deux instances contribuent à renforcer la position d’Infantino sur le continent.
Plusieurs fédérations nationales maintiennent également leur soutien, notamment en Égypte, au Niger, en Mauritanie, aux Comores, en République démocratique du Congo, au Nigeria, en Gambie, au Malawi et en Ouganda.
Le Maroc occupe toutefois une position plus particulière. Fouzi Lekjaâ, président de la Fédération royale marocaine de football, demeure une personnalité influente du football africain et un interlocuteur stratégique, même si son soutien à Infantino apparaît aujourd’hui plus nuancé. Des demandes de réformes managériales et de renforcement des contre-pouvoirs au sein de la FIFA sont notamment mises en avant.
Un soutien africain qui n’est pas sans fissures
Le soutien du continent à Gianni Infantino ne doit toutefois pas être considéré comme totalement acquis. Des voix discordantes existent et certaines relations connaissent des périodes de tension.
L’ancienne présidente de la Fédération sierra-léonaise de football, Isha Johansen, fait notamment partie des personnalités africaines ayant exprimé des réserves.
Des tensions ont également émergé autour de certains dossiers sensibles, notamment concernant la Coupe du monde 2030 et les discussions liées à l’attribution de sa finale.
Le soutien africain à Infantino est donc davantage le résultat d’intérêts convergents que d’une adhésion unanime à sa gouvernance.
Un enjeu majeur pour 2027
À quelques mois de l’élection présidentielle de la FIFA, l’équation est claire. Gianni Infantino reste contesté dans certaines régions, mais dispose en Afrique d’un réservoir électoral particulièrement important.
Les 54 voix africaines pourraient ainsi peser lourd dans l’issue du scrutin de mars 2027. Entre investissements, développement des infrastructures, augmentation de la représentation africaine au Mondial et diplomatie sportive, Infantino a construit au fil des années un réseau d’alliances qui pourrait lui être précieux.
Le soutien de dirigeants comme Yacine Idriss Diallo, Samuel Eto’o et Patrice Motsepe renforce cette position. Reste à savoir si ce bloc africain restera uni jusqu’au vote. Car derrière l’apparente fidélité au président de la FIFA, les fédérations africaines défendent aussi leurs propres intérêts. Et à l’approche d’une élection aussi stratégique, ces intérêts pourraient devenir déterminants.
