Projet FFE : la FIFA s'excuse et tente d'apaiser la crise

Ébranlée par la controverse autour du projet FIFA Forward Enterprise (FFE), finalement retiré, la FIFA a reconnu des "erreurs" de gouvernance et présenté ses excuses à ses fédérations membres. Réunie en urgence à Rabat, au Maroc, la direction de l'instance a néanmoins réaffirmé son "plein soutien" à son président, Gianni Infantino, dans un contexte marqué par une succession de polémiques qui alimentent le débat sur la gouvernance du football mondial.
La FIFA tente d'éteindre l'incendie. Au terme d'une réunion de crise organisée à Rabat, le président Gianni Infantino, le secrétaire général Mattias Grafström et plusieurs membres du comité directeur ont affiché un front uni après plusieurs jours de fortes turbulences provoquées par le projet FIFA Forward Enterprise (FFE).
Ce projet prévoyait la création d'une structure commerciale susceptible d'accueillir des investisseurs privés afin de soutenir le développement du football mondial. Sa divulgation dans les médias a toutefois provoqué une vive contestation, plusieurs fédérations estimant ne pas avoir été suffisamment associées au processus de décision.
Dans un communiqué, la FIFA reconnaît que « des erreurs ont été commises après la fuite de la proposition dans les médias ». L'organisation précise que « des excuses ont été présentées pour ces erreurs, assorties d'un engagement à veiller à ce qu'elles ne se reproduisent plus ».
L'instance admet également qu'« il n'était nullement dans l'intention d'exclure le Conseil de la FIFA et les associations membres de la FIFA du processus et que celui-ci aurait dû être géré différemment ». Elle insiste cependant sur le fait que toutes les démarches entreprises l'ont été « dans le strict respect du cadre réglementaire de la FIFA ».
Une gouvernance remise en question

À Rabat, les dirigeants ont réaffirmé leur « plein soutien » à Gianni Infantino, rappelant qu'il est le seul dirigeant élu par les 211 associations membres de la FIFA. Le président a, de son côté, renouvelé sa confiance au secrétaire général Mattias Grafström et à l'administration de la FIFA, saluant leur travail dans l'organisation des prochaines compétitions internationales.
La réunion a également débouché sur un engagement visant à renforcer les procédures internes, améliorer les échanges entre les organes dirigeants et restaurer la confiance des fédérations membres.
Un climat de défiance
Cette crise intervient dans un contexte déjà tendu pour la gouvernance de la FIFA. En juillet 2026, la décision d'annuler le carton rouge infligé à l'attaquant américain Folarin Balogun lors de la Coupe du monde a suscité une vive polémique. Plusieurs médias internationaux ont rapporté que cette décision serait intervenue après une intervention du président américain Donald Trump auprès de Gianni Infantino. Ces informations ont alimenté un important débat sur une possible ingérence politique dans les décisions sportives. À ce jour, la FIFA n'a toutefois pas confirmé ces allégations.
Parallèlement, le projet FIFA Forward Enterprise a suscité de fortes réserves au sein du football européen. Selon plusieurs informations relayées par la presse, de nombreux responsables de l'UEFA considéraient cette réforme comme incompatible avec les principes de gouvernance du football. Des médias ont même évoqué la possibilité d'un boycott des compétitions organisées par la FIFA par les 55 fédérations membres de l'UEFA si le projet venait à être adopté. Aucune annonce officielle en ce sens n'a cependant été faite par l'instance européenne.
Face à cette contestation grandissante, la FIFA a finalement renoncé au projet FFE. L'organisation assure vouloir tirer les enseignements de cet épisode, renforcer ses mécanismes de gouvernance et poursuivre le développement du programme FIFA Forward au bénéfice de ses 211 associations membres.
Le retrait du projet permet à la FIFA d'apaiser temporairement les tensions. Reste désormais à savoir si les engagements pris à Rabat suffiront à restaurer durablement la confiance des confédérations et des fédérations nationales, alors que l'instance s'apprête à gérer plusieurs échéances majeures du football mondial.
