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Football africain : la CAF fait marche arrière et maintient la CAN tous les deux ans

Par ESSOH EmmanuelLe samedi 31 octobre 2026 à 16:41
Football africain : la CAF fait marche arrière et maintient la CAN tous les deux ans

La Confédération africaine de football (CAF) abandonne son projet de CAN tous les quatre ans. Réuni le 29 octobre 2026, son comité exécutif a décidé à l'unanimité de rétablir la périodicité biennale de la compétition, notamment pour préserver les intérêts sportifs et financiers des fédérations africaines

La Coupe d’Afrique des nations (CAN) continuera de faire vibrer le continent tous les deux ans. Réuni jeudi 29 octobre 2026, le comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) a décidé à l’unanimité de revenir à la périodicité biennale de sa compétition phare, abandonnant ainsi son projet de passer à une organisation tous les quatre ans.

Ce revirement met un terme aux incertitudes autour de l’avenir de la CAN. Alors que l’instance dirigeante du football africain envisageait de modifier profondément le calendrier de la compétition, elle a finalement choisi de préserver un rendez-vous qui occupe une place particulière dans la vie sportive, économique et populaire du continent.

Cette décision fait suite à un nouvel examen de la question, annoncé par le président de la CAF, Dr Patrice Motsepe, lors de la Conférence stratégique organisée du 7 au 9 octobre 2026 au Cap-Vert.

Derrière ce changement de cap se trouvent des considérations qui dépassent le simple calendrier sportif. La CAF devait notamment mesurer les conséquences financières d'un passage à une CAN organisée tous les quatre ans.

Le projet de Ligue des Nations africaine, envisagé pour accompagner cette nouvelle organisation, ne présentait pas suffisamment de garanties quant aux revenus qu'il pourrait générer à court terme pour les 54 associations membres.

Or, pour de nombreuses fédérations, la CAN constitue une source importante de financement. Les droits de diffusion, les partenariats commerciaux et les différentes retombées économiques de la compétition contribuent au fonctionnement et au développement du football dans leurs pays respectifs.

Espacer les éditions aurait donc pu fragiliser certaines associations, particulièrement celles dont les ressources dépendent fortement des grandes compétitions organisées par la CAF.

En revenant au rythme de deux ans, l'instance continentale entend préserver ces intérêts économiques et éviter de priver les fédérations d'une importante source de revenus.

Le président de la CAF, Dr Patrice Motsepe, a défendu une orientation qui prend en compte les réalités du football continental. Pour lui, les réformes engagées doivent avant tout servir les intérêts des sélections nationales, des fédérations et des joueurs.

Le maintien de la périodicité biennale apparaît ainsi comme un compromis entre la volonté de moderniser le football africain et la nécessité de préserver ses équilibres sportifs et financiers.

La CAN ne représente pas seulement une compétition pour désigner la meilleure nation du continent. Elle constitue également une vitrine pour les joueurs africains, un espace de valorisation des talents et une occasion pour les pays organisateurs de bénéficier d'importantes retombées économiques et médiatiques.

Sa tenue tous les deux ans permet donc de maintenir cette dynamique et de conserver une visibilité régulière au football africain sur la scène internationale.

Cette décision entraîne également des ajustements dans le calendrier des prochaines compétitions. La CAN 2027 sera organisée conjointement par le Kenya, la Tanzanie et l'Ouganda, qui accueilleront les meilleures sélections du continent.

L'édition 2028 est également maintenue dans les perspectives annoncées, tandis que les rendez-vous de 2031 et 2033 sont programmés. L'année 2030 devrait connaître une pause afin de tenir compte de la Coupe du monde.

Avec ce retour à la formule biennale, la CAF renonce à une réforme qui aurait profondément modifié les habitudes du football africain. Elle fait ainsi le choix de préserver la régularité de sa compétition la plus prestigieuse, mais aussi les intérêts des fédérations qui en tirent des ressources essentielles.

Pour les supporters, la décision signifie surtout que le grand rendez-vous du football africain conservera son rythme habituel, avec des émotions, des rivalités et des ambitions continentales renouvelées tous les deux ans.