ASEC Mimosas : éliminations précoces, désillusions à répétition, le géant ivoirien en panne en coupe africaine

Éliminé par le MAS de Fès au deuxième tour préliminaire de la Ligue des champions africaine, l’ASEC Mimosas connaît une nouvelle désillusion continentale. Malgré son 30e titre national en 2025-2026, le club ivoirien peine à confirmer ses ambitions sur la scène africaine
L’ ASEC Mimosas règne toujours parmi les références du football ivoirien, mais son prestige national ne lui garantit plus le même rayonnement sur le continent. L’élimination face au Maghreb Association Sportive de Fès (MAS), au deuxième tour préliminaire de la Ligue des champions de la CAF, vient rappeler une réalité difficile à accepter pour les supporters : les Jaune et Noir peinent à transformer leurs ambitions africaines en résultats durables.
Le dimanche 25 octobre 2026, au stade Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan, les Mimos espéraient terminer le travail devant leur public. Après le match nul (1-1) obtenu à l’aller au Maroc, une victoire leur aurait ouvert les portes du tour suivant. Mais le scénario a tourné à la déception. Battu 2-1 au retour, l’ASEC quitte la compétition sur un score cumulé de 3-2.
Pour un club qui a bâti une partie de sa réputation sur sa capacité à rivaliser avec les meilleures équipes africaines, cette sortie précoce fait mal. Elle ravive surtout le souvenir d’autres campagnes interrompues trop tôt.
La rencontre retour avait pourtant laissé entrevoir une issue favorable. Après une première période sans but, le MAS de Fès a pris l’avantage à la 62e minute grâce à Christopher Ibayi. Les Abidjanais ont réagi onze minutes plus tard, avec l’égalisation de Kévin Bakaré à la 73e minute.
Ce but a redonné de l’espoir aux supporters, qui pouvaient encore croire à une qualification. Mais alors que la rencontre semblait se diriger vers une fin indécise, Khalid Baba a inscrit le but décisif à la 90e+7 minute. Le coup de sifflet final a confirmé l’élimination des Mimos.
Cette issue est d’autant plus frustrante que l’ASEC venait de remporter le championnat ivoirien 2025-2026, décrochant ainsi son 30e titre national. Le club avait donc abordé cette campagne avec le statut de champion et l’ambition de prolonger son succès au-delà des frontières ivoiriennes.
Mais le football africain ne se gagne pas sur la seule réputation. Chaque match exige de l’efficacité, de la maîtrise et une concentration qui ne doit pas faiblir jusqu’aux dernières secondes.
Cette nouvelle élimination rappelle celle de septembre 2025 face à Power Dynamos, club zambien qui avait déjà barré la route aux Mimos en phase préliminaire de la Ligue des champions.
Lors du match aller, l’ASEC s’était inclinée 1-0. Au retour, un but de Souleymane Fofana avait permis aux Ivoiriens de revenir à égalité sur l’ensemble des deux rencontres. Tout s’était alors joué aux tirs au but, une épreuve remportée 5-4 par Power Dynamos.
Pour les supporters, cette sortie avait déjà soulevé des interrogations sur la capacité de leur équipe à gérer les rencontres à élimination directe. Un an plus tard, l’échec face au MAS de Fès donne davantage de poids à ces préoccupations.
Deux campagnes successives interrompues avant la phase de groupes : le constat est difficile à ignorer pour un club de cette dimension.
Les difficultés récentes ne doivent cependant pas effacer les campagnes plus encourageantes réalisées par le club. En Ligue des champions 2023-2024, l’ASEC avait atteint les quarts de finale, démontrant qu’elle pouvait tenir tête à des adversaires expérimentés.
Opposés à l’Espérance sportive de Tunis, les Mimos avaient disputé deux rencontres sans parvenir à faire trembler les filets. Après deux matchs nuls 0-0, la qualification s’était décidée aux tirs au but, remportés 4-2 par le club tunisien à Abidjan, le 6 avril 2024.
La saison précédente, en Coupe de la Confédération, l’ASEC avait également atteint les demi-finales. Mais l’ USM Alger avait fini par s’imposer. Après un nul vierge à l’aller, à Bouaké, les Ivoiriens avaient perdu 2-0 en Algérie.
Ces parcours ont prouvé que les Mimos pouvaient progresser loin dans les compétitions continentales. Ils ont aussi révélé la difficulté à franchir les derniers obstacles, là où chaque occasion manquée peut coûter une qualification.
Faut-il parler d’une crise du football de l’ASEC ? Les éliminations successives ne suffisent pas, à elles seules, à établir un tel diagnostic. Elles posent néanmoins des questions légitimes sur la préparation des campagnes africaines, l’efficacité offensive, la gestion de la pression et la capacité à conserver la maîtrise des moments décisifs.
Contre le MAS de Fès, le but encaissé dans le temps additionnel a été fatal. Face à Power Dynamos, la séance des tirs au but avait fait la différence. Contre l’Espérance de Tunis, l’absence de buts sur les deux rencontres avait fini par condamner les ambitions ivoiriennes.
Les circonstances diffèrent, mais le résultat est le même : l’ASEC n’a pas réussi à poursuivre son aventure continentale.
La réponse ne se trouve pas nécessairement dans un changement de banc ou dans la mise en cause de quelques joueurs. Elle suppose une analyse plus large du projet sportif, de la préparation mentale et tactique, ainsi que des moyens mobilisés pour rivaliser avec les grandes équipes africaines.
Vainqueur de la Ligue des champions africaine en 1998, l’ASEC Mimosas possède une histoire qui lui confère une place particulière dans le football du continent. Cette victoire reste un repère majeur pour le club et ses supporters.
Mais les souvenirs ne peuvent pas remplacer les performances actuelles. Si les Mimos continuent de démontrer leur supériorité dans le championnat ivoirien, leurs résultats récents en Afrique montrent qu’un nouveau cap doit être franchi.
L’ambition ne peut plus se limiter à participer aux compétitions continentales ou à espérer franchir un tour supplémentaire. Pour un club de ce rang, il s’agit de retrouver une présence régulière en phase de groupes, d’atteindre les derniers carrés et, à terme, de se donner les moyens de viser un nouveau sacre.
L’élimination face au MAS de Fès est donc bien plus qu’une défaite. Elle constitue un avertissement et une invitation à tirer les leçons des campagnes précédentes.
L’ ASEC Mimosas conserve son prestige, son histoire et son poids dans le football ivoirien. Reste désormais à faire en sorte que ces acquis se traduisent de nouveau sur la scène africaine. Car pour les supporters jaune et noir, le plus difficile n’est pas de se souvenir des exploits passés, mais d’attendre le prochain.
