Côte d’Ivoire : le ministère des Eaux et Forêts (MINEF) mise sur le leadership féminin pour protéger les forêts

Le ministère des Eaux et Forêts (MINEF) renforce le leadership féminin en Côte d’Ivoire. À travers des formations, la Stratégie Genre 2024-2027 et des projets de restauration forestière, il veut accroître la participation des femmes à la gestion durable des ressources naturelles
La préservation des forêts et la gestion durable des ressources naturelles ne peuvent se faire sans la participation active des femmes. C’est le message que porte le ministère des Eaux et Forêts (MINEF), qui entend renforcer la place des femmes dans la gouvernance forestière en Côte d’Ivoire.
À travers des formations en leadership, des actions de sensibilisation et des initiatives en faveur des femmes rurales, le ministère veut leur donner davantage de moyens pour s’affirmer, participer aux décisions et contribuer pleinement à la protection du patrimoine naturel ivoirien.
Cette volonté s’est traduite par un séminaire consacré au leadership féminin, organisé à Yamoussoukro du 27 au 28 octobre 2026. Pendant deux jours, cette initiative a mis l’accent sur le renforcement des capacités des participantes, notamment en matière de confiance en soi, d’affirmation de soi et de prise de parole.
Au-delà de ces apprentissages, l’ambition est de faire en sorte que les femmes disposent d’une place plus importante dans les instances où se décident les orientations et les actions liées à la gestion des ressources forestières.
Prendre la parole, défendre ses idées et accéder à des postes de responsabilité sont autant de défis auxquels les femmes peuvent être confrontées dans leur parcours professionnel. Dans le secteur des eaux et forêts, le MINEF entend agir pour renforcer leurs capacités et favoriser leur participation à la prise de décision.
Les ateliers de formation organisés à l’intention des agentes du ministère et des réseaux de femmes leaders visent ainsi à développer leur assurance et leurs aptitudes en leadership. L’objectif est de leur permettre de mieux valoriser leurs compétences et de s’impliquer davantage dans les responsabilités qui leur sont confiées.
Cette démarche traduit une volonté de mieux reconnaître le rôle des femmes dans un secteur essentiel à l’équilibre environnemental et au développement économique du pays.
En effet, la gouvernance forestière ne se limite pas aux décisions administratives. Elle concerne aussi les communautés, les exploitants et les populations dont les activités dépendent directement des ressources naturelles.
La promotion du leadership féminin s’inscrit dans la Stratégie Genre 2024-2027 du MINEF, qui vise à mieux intégrer la dimension du genre dans les politiques et les actions du secteur forestier.
Cette orientation accorde une attention particulière aux femmes vivant en milieu rural. Pour celles-ci, l’accès à la terre, aux activités agroforestières et aux opportunités économiques demeure un enjeu important.
À Séguéla, des missions d’information, de sensibilisation et de suivi de la gouvernance forestière ont été engagées à partir du 6 octobre 2026. Elles visent notamment à encourager l’implication des autorités administratives, des chefs coutumiers et des communautés locales dans la promotion de la participation des femmes.
Cette mobilisation est essentielle. L’accès aux terres et aux activités productives dépend parfois de pratiques locales et de décisions communautaires. L’implication des autorités et des populations peut donc contribuer à créer un environnement plus favorable à l’autonomisation des femmes.
L’enjeu est de dépasser les déclarations de principe pour permettre aux femmes de participer réellement aux activités qui contribuent à leurs revenus et à la gestion durable des ressources naturelles.
Sur le terrain, les femmes jouent un rôle important dans les activités agricoles et dans la vie des communautés rurales. Leur participation peut également contribuer aux efforts de restauration du couvert forestier.
À travers des initiatives comme le Projet d’Investissement Forestier (PIF2), le ministère met en avant les femmes rurales et les groupements féminins engagés dans la protection de l’environnement et la restauration des espaces forestiers.
Leur implication dans ces projets peut favoriser le développement de pratiques plus durables, tout en ouvrant des perspectives économiques aux communautés concernées.
Cette approche rappelle que la protection des forêts ne relève pas uniquement des administrations et des spécialistes. Elle nécessite aussi l’engagement des populations qui vivent au contact des espaces naturels et qui peuvent contribuer, au quotidien, à leur préservation.
La célébration de la Journée internationale de la femme rurale, organisée les 21 et 22 octobre 2026 à Toumodi-Sakassou, participe à cette dynamique de proximité et de valorisation du rôle des femmes dans le développement rural.
La volonté d’inclure davantage les femmes concerne également les mécanismes qui encadrent la gestion des ressources forestières et les échanges commerciaux liés au bois.
Dans le cadre de l’Accord de partenariat volontaire relatif à l’application des réglementations forestières, à la gouvernance et aux échanges commerciaux (APV-FLEGT), la prise en compte du genre constitue un axe de travail pour favoriser une gouvernance plus inclusive.
L’objectif est de permettre aux femmes de participer davantage aux discussions et aux processus de décision qui influencent l’avenir du secteur forestier.
Cette participation est d’autant plus importante que les décisions prises dans ce domaine ont des conséquences sur les communautés, les activités économiques et la préservation des ressources naturelles.
Pour produire des résultats durables, cette ouverture doit cependant s’accompagner de possibilités concrètes : accès à la formation, reconnaissance des compétences, participation aux instances de décision et soutien aux initiatives portées par les femmes.
Avec ses formations à Yamoussoukro et ses actions de terrain, le MINEF affiche son ambition de faire du leadership féminin un levier de progrès pour la gouvernance forestière en Côte d’Ivoire.
La Stratégie Genre 2024-2027, les initiatives du PIF2 et les démarches de sensibilisation menées auprès des communautés constituent plusieurs outils pour atteindre cet objectif.
Le principal défi reste désormais de transformer ces initiatives en changements durables : permettre à davantage de femmes d'accéder aux responsabilités, renforcer leur autonomie économique et soutenir leur participation aux projets de restauration des forêts.
Car la protection du patrimoine forestier ivoirien exige une mobilisation collective. En donnant davantage de moyens aux femmes pour faire entendre leur voix et agir sur le terrain, le ministère entend renforcer une gestion des ressources naturelles plus inclusive, au bénéfice des communautés et des générations futures.
