Société

BRT Yopougon-Bingerville : seulement 30 % des travaux réalisés, la mise en service glisse vers 2029

Par ESSOH EmmanuelLe samedi 17 octobre 2026 à 16:28
BRT Yopougon-Bingerville : seulement 30 % des travaux réalisés, la mise en service glisse vers 2029

Le chantier du BRT Yopougon-Bingerville accuse un retard, avec un taux d’avancement global estimé entre 25 % et 30 % début octobre 2026. Initialement prévue en 2028, la mise en service est désormais envisagée autour de 2029, en raison notamment des contraintes techniques et des difficultés de libération des emprises

Le projet de Bus Rapid Transit (BRT) reliant Yopougon à Bingerville, présenté comme l’un des grands chantiers de modernisation du transport urbain à Abidjan, avance à un rythme encore insuffisant. Début octobre 2026, le taux d’exécution global des travaux se situait entre 25 % et 30 %, selon le bilan de terrain communiqué par le Projet de Mobilité Urbaine d’Abidjan (PMUA). Initialement attendue en 2028, la mise en service pourrait désormais intervenir autour de 2029.

Pour les nombreux usagers confrontés chaque jour aux embouteillages dans la capitale économique ivoirienne, ce décalage représente une attente supplémentaire. Le futur BRT doit permettre de réduire considérablement les temps de déplacement entre l’ouest et l’est d’Abidjan. Mais avant de voir circuler les bus électriques sur leurs voies réservées, les équipes doivent encore surmonter plusieurs difficultés techniques et administratives.

Sur les quelque 20 kilomètres du tracé, tous les secteurs ne présentent pas le même niveau d’avancement. Le lot 1, situé dans la zone ouest entre Yopougon et le point kilométrique zéro, affiche les progrès les plus importants. Selon les sections, les travaux y sont réalisés à hauteur de 40 % à 45 %.

Les ouvrages d’art constituent également un point notable de cette progression. Les trois grands ponts prévus dans ce secteur, dont celui du Lycée technique, identifié comme l’ouvrage numéro 6, sont annoncés à plus de 95 % d’achèvement. Ces infrastructures doivent contribuer à fluidifier la circulation et à faciliter le passage du futur réseau de transport.

Dans la partie est, entre Cocody et Bingerville, le taux d’exécution se situe plutôt entre 30 % et 35 %. Au carrefour La Vie et à la Riviera Triangle, les aménagements commencent à prendre forme, avec notamment les voies centrales réservées au BRT et les espaces destinés à la circulation générale.

Malgré ces avancées, le chantier reste loin de son objectif final. La réalisation des différentes infrastructures doit encore se poursuivre avant que la ligne puisse accueillir les voyageurs.

Au-delà des contraintes techniques, la question de la libération des emprises demeure l’un des principaux défis du projet. Les procédures d’indemnisation des personnes concernées par les travaux ralentissent notamment l’aménagement du dépôt ouest de Yopougon.

Le projet prévoit deux dépôts de maintenance, chacun couvrant une superficie de trois hectares. Celui de Bingerville, à l’est, progresse avec des fondations annoncées comme achevées et un taux de réalisation d’environ 10 %. À Yopougon, en revanche, les difficultés liées aux indemnisations compliquent davantage l’avancement du chantier.

Les retards accumulés sur certaines emprises, notamment au niveau du terminus de Yopougon, pèsent ainsi sur le calendrier général. Tant que ces questions ne seront pas réglées, la progression des travaux risque de rester inégale selon les secteurs.

Malgré ces difficultés, le BRT demeure un projet stratégique pour la mobilité dans le Grand Abidjan. Évalué à environ 242 milliards de FCFA et cofinancé par la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD), il ambitionne de transformer les déplacements quotidiens de centaines de milliers de personnes.

Le réseau devrait transporter entre 300 000 et 500 000 passagers par jour. Il reposera sur une flotte annoncée de 150 bus articulés entièrement électriques, pouvant accueillir jusqu’à 150 passagers chacun. Le corridor comptera également 21 stations modernes à accès contrôlé, tandis que les dépôts disposeront d’infrastructures de recharge pour les véhicules.

L’objectif est particulièrement ambitieux : ramener à environ 40 à 45 minutes un trajet entre Yopougon et Bingerville qui peut actuellement approcher trois heures aux heures de pointe. Si ces performances sont atteintes, le BRT pourrait améliorer sensiblement les conditions de déplacement, tout en contribuant à limiter les émissions liées au transport.

Le calendrier constitue désormais l’une des principales interrogations. Alors que l’échéance contractuelle d’octobre 2028 reste mentionnée dans les documents liés au projet, les dernières indications de terrain font plutôt envisager une finalisation autour de 2029.

Aucune date précise, ni jour ni mois, n’a toutefois été officiellement arrêtée pour l’ouverture de la ligne. La livraison dépendra notamment de la résolution des problèmes d’emprises, de la poursuite des travaux et de l’achèvement des infrastructures nécessaires à l’exploitation.

Pour les habitants d’Abidjan, le défi est donc double : terminer un chantier complexe et concrétiser les promesses d’un transport plus rapide, plus régulier et moins polluant. Avec un taux d’avancement global encore estimé entre 25 % et 30 % début octobre 2026, le BRT Yopougon-Bingerville reste un projet attendu, dont la concrétisation dépendra désormais de la capacité des acteurs à accélérer les travaux et à lever les blocages persistants.