Société

Actes de naissance en ligne : les innovations de l’ONECI présentées à Yamoussoukro

Par Stan ADJELe mardi 27 octobre 2026 à 19:47
Actes de naissance en ligne : les innovations de l’ONECI présentées à Yamoussoukro

La modernisation de l’état civil ivoirien franchit une nouvelle étape avec la présentation, à Yamoussoukro, d’une plateforme numérique destinée à faciliter les démarches administratives. Portée par l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI), cette innovation prévoit notamment le traitement en ligne des demandes d’actes d’état civil, le suivi des dossiers et la délivrance de documents sécurisés. L’institution mise également sur la numérisation des registres et le renforcement de la lutte contre la fraude pour améliorer la fiabilité des services publics.

La digitalisation des services publics s’installe progressivement au cœur des réformes administratives en Côte d’Ivoire. Dans ce contexte, l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI) entend moderniser la gestion des actes d’état civil grâce à de nouveaux outils numériques. À Yamoussoukro, un atelier consacré à la modernisation et à la digitalisation de l’état civil a permis aux officiers d’état civil des mairies de découvrir une plateforme destinée à simplifier les démarches des usagers.

Au-delà de la présentation d’une solution technologique, cette initiative pose une question essentielle : comment rendre les procédures administratives plus accessibles tout en garantissant l’authenticité des documents délivrés ? Pour l’ONECI, la réponse passe notamment par la dématérialisation des demandes, la sécurisation des données et une meilleure coordination entre les différents acteurs de l’état civil.

Une plateforme numérique pour simplifier les démarches administratives

La principale innovation présentée au cours de cet atelier concerne la nouvelle plateforme de délivrance en ligne des actes d’état civil. Animée par Jean Richard Namene, chef de service Développement à la Direction des systèmes d’information (DSI), la démonstration a détaillé les différentes étapes du parcours proposé aux citoyens.

Le processus comprend dix étapes, depuis l’accès au portail jusqu’au suivi de la demande et à la vérification du document délivré. L’usager doit notamment sélectionner le service recherché, renseigner ses informations personnelles, effectuer une recherche dans le Registre national des personnes physiques (RNPP), puis procéder au paiement en ligne. La demande est ensuite traitée avant la délivrance du document sécurisé.

Cette organisation vise à réduire les déplacements nécessaires à l’accomplissement de certaines formalités et à fluidifier le traitement des dossiers. Elle pourrait également faciliter le suivi des demandes, en donnant aux usagers une meilleure visibilité sur leur évolution.

Toutefois, la présentation d’une plateforme ne suffit pas, à elle seule, à garantir une amélioration immédiate du service public. Son efficacité dépendra notamment de son accessibilité, de sa disponibilité technique, de la qualité des données enregistrées et de la capacité des administrations concernées à traiter les demandes dans des délais raisonnables. Les modalités précises de déploiement et les conditions d’accès pour les populations devront également être clairement communiquées.

La sécurisation des actes d’état civil au cœur de la réforme

La simplification des démarches s’accompagne d’un autre enjeu majeur : la lutte contre la fraude documentaire. Les actes d’état civil constituent des pièces essentielles dans la justification de l’identité et l’accomplissement de nombreuses formalités administratives. Leur fiabilité représente donc un enjeu important pour les citoyens comme pour les institutions.

Au cours de l’atelier, le commissaire Colomb Iritché, sous-directrice au Bureau de la sécurisation des titres et documents (BSTD), et le capitaine Adou Agnini, chef de service contentieux au Bureau de la sécurité, enquêtes et authentification (BSEA), ont animé une communication consacrée à la fraude en matière d’état civil.

Leurs interventions ont mis en évidence les risques associés à l’utilisation de faux documents ainsi que les mécanismes destinés à prévenir ces pratiques. L’objectif est de renforcer la vigilance des acteurs chargés de produire, de vérifier et de délivrer les documents officiels.

Dans cette perspective, la numérisation peut contribuer à améliorer la traçabilité des opérations et à faciliter certaines vérifications.

Numérisation des registres et modernisation des mairies

La réforme présentée à Yamoussoukro ne se limite pas à la délivrance en ligne des actes. Elle concerne également les outils de gestion utilisés dans les centres d’état civil et la conservation du patrimoine documentaire.

La sous-directrice de l’État civil, Flora Kouadio épouse Biot, a exposé les grandes orientations de la réforme ainsi que les innovations prévues pour améliorer la gestion des déclarations des faits d’état civil. De son côté, Achille Ayara, sous-directeur du Support État civil, a présenté les fonctionnalités du logiciel CityWeb, appelé à renforcer la gestion et la sécurisation des opérations dans les centres concernés.

Le programme de numérisation des actes a également été abordé par Gonta Gba, chef du projet. Cette opération vise à constituer un patrimoine documentaire numérique fiable et sécurisé à partir des registres d’état civil.

L’enjeu est important pour la conservation des informations et la continuité du service public. Des archives mieux préservées et plus facilement exploitables peuvent contribuer à limiter les difficultés liées à la détérioration des registres physiques ou à la recherche de documents anciens. Encore faut-il garantir la qualité de la numérisation, la concordance des données avec les registres originaux et la protection des informations sensibles.

Oumar Coulibaly, sous-directeur commercial de l’ONECI, a, pour sa part, présenté les services proposés par l’institution afin de permettre aux participants de mieux connaître les prestations disponibles et les possibilités d’accès.

L’ONECI mise sur l’appropriation des nouveaux outils

La réussite de cette transformation repose aussi sur les professionnels chargés d’appliquer la réforme au quotidien. Les officiers d’état civil des mairies occupent, à ce titre, une place centrale dans le dispositif. Leur maîtrise des nouveaux outils et leur capacité à accompagner les usagers seront déterminantes pour éviter que la digitalisation ne crée de nouvelles difficultés.

Le directeur général de l’ONECI, Ago Christian Kodia, a tenu à rassurer les participants sur la place des agents dans cette évolution. Selon lui, les innovations ne visent pas à remplacer les acteurs de terrain, mais à leur fournir des outils modernes pour accomplir leurs missions avec davantage d’efficacité, de fiabilité et de transparence.

Cette orientation souligne que la technologie doit rester un moyen d’améliorer le service public, et non une fin en soi. La formation des agents, l’assistance aux usagers peu familiarisés avec les outils numériques et l’accès à une connexion Internet de qualité seront autant de facteurs à prendre en compte.

À travers cette plateforme, l’ONECI affiche son ambition d’accélérer la transformation numérique de l’état civil ivoirien. Reste désormais à mesurer les effets concrets de ces innovations sur les délais de traitement, les coûts supportés par les citoyens et la sécurité des documents délivrés. C’est à l’épreuve de leur utilisation quotidienne, dans les grandes villes comme dans les localités les plus éloignées, que cette réforme pourra démontrer toute sa portée.