Santé

Côte d’Ivoire : l’Ordre des sages-femmes lance une plateforme numérique pour moderniser l’inscription des professionnels

Par ESSOH EmmanuelLe lundi 27 juillet 2026 à 14:16
Côte d’Ivoire : l’Ordre des sages-femmes lance une plateforme numérique pour moderniser l’inscription des professionnels

La Côte d’Ivoire modernise la gestion de la profession de sage-femme avec le lancement d’une plateforme numérique d’inscription en ligne par l’ONSFMCI. Cet outil facilite les démarches administratives, sécurise les données des professionnels et accompagne le développement du secteur de la santé maternelle

Le processus de modernisation des services administratifs dans le secteur de la santé franchit une nouvelle étape en Côte d'Ivoire. L'Ordre National des Sages-Femmes et Maïeuticiens de Côte d'Ivoire (ONSFMCI) a officiellement lancé, le 23 juillet 2026, sa plateforme numérique d'inscription en ligne, développée avec l'appui du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA). Cette initiative vise à simplifier les démarches administratives des professionnels tout en renforçant l'organisation et le suivi de la profession à l'échelle nationale.

Cette innovation intervient dans un contexte marqué par la croissance continue des effectifs des sages-femmes et maïeuticiens, dont le rôle demeure essentiel dans la réduction de la mortalité maternelle et infantile ainsi que dans l'amélioration de l'accès aux soins de santé reproductive.

La nouvelle plateforme permet désormais aux sages-femmes et maïeuticiens d'effectuer en ligne leur inscription au tableau de l'Ordre, une formalité obligatoire pour exercer légalement la profession en Côte d'Ivoire.

À travers cet outil numérique, l'ONSFMCI entend mettre fin à certaines contraintes liées aux procédures administratives classiques, souvent longues et nécessitant des déplacements physiques. Les professionnels peuvent désormais accéder plus facilement aux services proposés par l'Ordre, tout en bénéficiant d'un système davantage sécurisé pour la gestion de leurs données personnelles et professionnelles.

La dématérialisation des démarches devrait également favoriser un traitement plus rapide des dossiers, améliorer la traçabilité des inscriptions et permettre une mise à jour permanente du registre national des praticiens.

Au-delà de l'aspect administratif, cette réforme traduit la volonté de l'Ordre d'adapter son fonctionnement aux exigences de la transformation numérique qui touche progressivement les institutions publiques et professionnelles du pays.

Cette dynamique de modernisation concerne également l'Association des Sages-Femmes Ivoiriennes (ASFI), qui met à la disposition de ses membres une application numérique dédiée.

Cette plateforme offre plusieurs fonctionnalités, notamment :

  • l'accès à un espace personnel sécurisé ;

  • le suivi des activités de l'association ;

  • l'inscription aux événements professionnels ;

  • l'accès aux informations et actualités relatives à la profession.

Ces outils numériques contribuent à renforcer les échanges entre les professionnels et leurs organisations représentatives, tout en facilitant l'accès aux services proposés.

La profession de sage-femme et de maïeuticien connaît une progression significative en Côte d'Ivoire depuis une quinzaine d'années. Selon les données disponibles, le pays compte aujourd'hui 20 755 sages-femmes et maïeuticiens, contre seulement 3 394 professionnels en 2011.

Cette évolution s'explique notamment par les recrutements réalisés par la Fonction publique ainsi que par les formations dispensées au sein de l'Institut national de formation des agents de santé (INFAS).

Sur le terrain :

  • plus de 12 000 sages-femmes et maïeuticiens exercent officiellement dans les structures sanitaires du pays ;

  • l'ONSFMCI recense 7 443 professionnels inscrits au tableau de l'Ordre ;

  • l'ASFI revendique 4 149 membres actifs répartis au sein de 115 sections régionales.

Ces chiffres témoignent des efforts consentis pour renforcer durablement les ressources humaines dans le domaine de la santé maternelle et infantile.

L'augmentation des effectifs constitue un indicateur important des progrès réalisés dans le secteur sanitaire ivoirien. La Côte d'Ivoire affiche désormais un ratio de 4,12 sages-femmes pour 3 000 femmes en âge de procréer, soit un niveau supérieur à la recommandation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui préconise au minimum une sage-femme pour 3 000 femmes.

Cette amélioration contribue au renforcement de l'offre de soins destinés aux femmes enceintes, aux nouveau-nés et aux familles, notamment dans le cadre du suivi prénatal, de l'accouchement et des soins postnataux.

Le développement des ressources humaines qualifiées demeure, en effet, un levier majeur dans la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale ainsi que dans l'amélioration de la couverture sanitaire nationale.

Avec le lancement de sa plateforme numérique, l'Ordre National des Sages-Femmes et Maïeuticiens de Côte d'Ivoire poursuit son ambition de moderniser la gestion de la profession et de rapprocher davantage ses services des praticiens.

Au-delà de la simplification des procédures administratives, cette initiative traduit une volonté plus large : disposer de données professionnelles fiables, renforcer le suivi des membres inscrits et accompagner les mutations du système de santé ivoirien.

À l'heure où la transformation numérique gagne progressivement les secteurs stratégiques du pays, l'ONSFMCI entend ainsi contribuer, à son niveau, à l'amélioration de la qualité des soins offerts aux populations et à la consolidation des acquis en matière de santé maternelle et infantile.