Santé

Côte d’Ivoire : pourquoi la santé devient un enjeu central du capital humain

Par Stan ADJELe jeudi 8 octobre 2026 à 17:34
Côte d’Ivoire : pourquoi la santé devient un enjeu central du capital humain

La Côte d’Ivoire veut placer le capital humain au cœur de sa stratégie de développement. Réunis le mardi 6 octobre 2026 à l’Ivoire Trade Center, à Abidjan, les acteurs concernés ont échangé autour de l’Indice du capital humain élargi, un nouvel outil destiné à mieux mesurer les facteurs qui contribuent au développement des populations. Pour le ministre de la Santé, Pierre Dimba, cet objectif passe nécessairement par des investissements plus importants dans le secteur sanitaire.

À l’heure où la Côte d’Ivoire prépare la mise en œuvre de son Plan national de développement (PND) 2026-2030, la question du capital humain prend une place croissante dans les politiques publiques. L’Indice du capital humain élargi doit notamment permettre d’appréhender le développement au-delà des seuls indicateurs économiques, en prenant en compte plusieurs dimensions liées aux conditions de vie et aux capacités des populations.

Lors de la rencontre organisée à Abidjan, Pierre Dimba a insisté sur le rôle déterminant de la santé dans cette équation. « On ne peut pas parler de capital humain sans parler de santé. Investir dans la santé, c’est investir dans le développement du pays », a déclaré le ministre.

Derrière cette affirmation se trouve un enjeu concret : permettre aux populations de rester en bonne santé afin de mieux étudier, travailler et participer à la création de richesses. La Couverture maladie universelle (CMU) constitue, dans cette perspective, l'un des principaux instruments mobilisés par l'État pour améliorer l'accès aux soins, particulièrement pour les personnes les plus vulnérables.

Mais l'amélioration du capital humain ne repose pas uniquement sur l'accès aux traitements. La prévention, la nutrition, la santé maternelle et infantile, le développement de la petite enfance ainsi que la qualité des soins figurent également parmi les facteurs susceptibles d'influencer durablement le parcours des générations futures.

La Côte d'Ivoire entend par ailleurs renforcer sa sécurité sanitaire. La production pharmaceutique locale apparaît comme un autre levier, avec l'ambition de réduire la dépendance aux importations et de lutter contre le recours aux médicaments issus de circuits informels.

Cette approche pose toutefois un défi de taille : transformer les orientations annoncées en résultats mesurables pour les populations. L'amélioration des infrastructures, la disponibilité des médicaments, la qualité des soins et l'accessibilité financière resteront déterminantes.

À travers l'Indice du capital humain élargi, le pays cherche donc à mieux relier investissement social et performance économique. Reste à savoir si cette nouvelle lecture du développement permettra, dans les prochaines années, de traduire les ambitions du PND 2026-2030 en progrès concrets dans la vie quotidienne des Ivoiriens.