Gestion des frontières : la Côte d’Ivoire modernise son dispositif sécuritaire avec le soutien du Japon et de l’OIM

Avec l’appui du Japon et de l’OIM, la Côte d’Ivoire modernise son dispositif de gestion des frontières. Doté de 400 millions de FCFA, ce programme vise à renforcer le contrôle migratoire, améliorer les capacités des forces de sécurité et lutter contre la criminalité transfrontalière.
La Côte d’Ivoire renforce son dispositif de surveillance des frontières du Nord avec le lancement d’un nouveau programme soutenu par le gouvernement japonais et exécuté par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Officiellement lancé le lundi 6 juillet 2026 à Abidjan par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le Général Vagondo Diomandé, ce projet vise à améliorer les capacités opérationnelles des services de sécurité face aux menaces transfrontalières.
Doté d’une enveloppe de 400 millions de FCFA financée par le Japon, le programme s’étendra sur 12 mois, du 31 mars 2026 au 30 mars 2027. Il concerne principalement les zones frontalières du Nord ivoirien, confrontées à plusieurs défis, notamment la gestion des flux migratoires, la criminalité organisée, les trafics illicites et les risques sécuritaires liés à l’instabilité régionale.
L’un des volets majeurs du projet repose sur la modernisation des outils technologiques utilisés par les services chargés de la surveillance des frontières.
Le programme prévoit notamment l’extension du système MIDAS (Migration Information and Data Analysis System), une plateforme numérique développée pour faciliter l’enregistrement, l’analyse et la vérification des données relatives aux voyageurs.
Déployé après une phase pilote réussie à Kalamon, localité située dans le département de Doropo, dans la région du Bounkani, à proximité de la frontière avec le Burkina Faso, ce dispositif permet d’améliorer l’identification des voyageurs et de détecter plus rapidement les documents frauduleux.
Le projet accorde également une place importante au renforcement des compétences humaines. À ce jour, 20 policiers et 8 agents de l’administration en charge de l’immigration ont déjà bénéficié de formations sur l’utilisation des nouvelles technologies appliquées à la gestion des frontières.
Au-delà de la dimension numérique, le programme prévoit l’amélioration des conditions de travail des forces déployées sur le terrain. Des opérations de réhabilitation des espaces professionnels et d’aménagement de logements sont prévues dans les postes frontaliers de Kalamon et de Koguienou.
Le programme comporte également une dimension communautaire avec le financement d’infrastructures sociales et hydrauliques au profit des populations vivant dans les zones frontalières.
Cette approche vise à renforcer la confiance entre les forces de sécurité et les communautés locales, qui jouent un rôle essentiel dans la prévention et le signalement des risques liés aux activités criminelles.
Pour les autorités ivoiriennes, la sécurisation des frontières ne peut se limiter au contrôle militaire ou administratif. Elle doit également intégrer les besoins des populations locales afin de favoriser la stabilité et la cohésion sociale.
L’appui du Japon et l’expertise technique de l’OIM témoignent de l’importance de la coopération internationale dans la gestion moderne des frontières.
Cette collaboration repose sur une approche combinant sécurité, respect des droits humains, facilitation de la mobilité régulière et amélioration de la gouvernance migratoire.
Pour la Côte d’Ivoire, qui occupe une position stratégique en Afrique de l’Ouest avec des frontières partagées avec le Burkina Faso, le Mali, la Guinée, le Liberia et le Ghana, le renforcement du contrôle frontalier constitue un enjeu majeur.
Avec ce nouveau programme, Abidjan poursuit la modernisation de son dispositif sécuritaire afin de disposer de frontières plus sûres, mieux équipées et capables de répondre aux nouvelles menaces transnationales.
