Politique

Sommet extraordinaire de l’UA à Luanda : la Côte d’Ivoire appelle à s’attaquer aux causes profondes des conflits

Par ESSOH EmmanuelLe mercredi 9 septembre 2026 à 17:51
Sommet extraordinaire de l’UA à Luanda : la Côte d’Ivoire appelle à s’attaquer aux causes profondes des conflits

À Luanda, la Côte d’Ivoire a appelé l’Union africaine à s’attaquer aux causes profondes des conflits, notamment la pauvreté, les inégalités, l’exclusion et la faiblesse des institutions. Un plaidoyer porté par Tiémoko Meyliet Koné au sommet extraordinaire de l’UA

La Côte d’Ivoire entend contribuer aux efforts de prévention des conflits en Afrique en s’attaquant davantage aux causes profondes de l’instabilité. C’est le message porté par le Vice-Président de la République, Tiémoko Meyliet Koné, lors de la 21e Session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine (UA), tenue le dimanche 30 août 2026 à Luanda, en Angola.

Mandaté par le Président Alassane Ouattara, le Vice-Président avait quitté Abidjan le vendredi 28 août pour prendre part à cette rencontre consacrée au renforcement des mécanismes africains de prévention et de règlement des conflits.

L’UA veut renforcer la prévention

Organisé au Palais des Congrès de Luanda, le sommet avait pour thème : « Renforcer les mécanismes de prévention et de règlement des conflits en Afrique ». L’initiative a été portée par le président angolais João Lourenço, également Champion de l’UA pour la paix et la réconciliation.

Plus d’une dizaine de chefs d’État et de gouvernement, ainsi que plusieurs vice-présidents, Premiers ministres et ministres, ont participé aux travaux. Les discussions ont notamment porté sur les moyens de rendre les mécanismes africains de prévention des crises plus rapides et plus efficaces.

À l’ouverture des échanges, le président en exercice de l’UA, Évariste Ndayishimiye, a regretté que les interventions sur le continent soient encore trop souvent engagées après l’apparition des crises, alors que plusieurs instruments de médiation existent déjà.

Abidjan mise sur les causes profondes

Prenant la parole au nom de la Côte d’Ivoire, Tiémoko Meyliet Koné a défendu une approche davantage axée sur les causes profondes des conflits.

Il a notamment cité la pauvreté, les inégalités, l’exclusion, la faiblesse des institutions et les atteintes aux droits humains parmi les facteurs susceptibles d’alimenter les tensions et l’instabilité.

Pour Abidjan, la prévention ne peut donc pas se limiter à gérer les crises une fois qu’elles ont éclaté. Elle doit également passer par des politiques capables de réduire les fragilités économiques, sociales et institutionnelles qui favorisent leur apparition.

Cette approche rejoint les préoccupations exprimées par d’autres délégations, notamment celle du Maroc, qui a plaidé pour une meilleure articulation entre paix, sécurité et développement.

Plusieurs foyers de crise sur le continent

Le débat intervient dans un contexte particulièrement sensible pour l’Afrique. Plusieurs régions restent confrontées à des crises majeures, notamment l’est de la République démocratique du Congo, le Sahel, la Corne de l’Afrique et le Soudan.

Face à cette situation, les dirigeants africains ont adopté au terme du sommet le Plan d’action de Luanda. Celui-ci doit contribuer à améliorer la réactivité et la coordination des mécanismes africains de prévention et de résolution des conflits.

Un rapprochement entre Abidjan et Luanda

En marge du sommet, Tiémoko Meyliet Koné a également rencontré le président angolais João Lourenço au Palais présidentiel de Luanda. Il lui a transmis le soutien d’Alassane Ouattara à la réussite des travaux.

Les deux responsables ont également évoqué le renforcement des relations d’amitié et de coopération entre la Côte d’Ivoire et l’Angola.

João Lourenço a, pour sa part, salué la trajectoire de la Côte d’Ivoire, présentée comme un exemple de choix en faveur de la paix et de la stabilité.

Au-delà des déclarations, le principal défi reste désormais la mise en œuvre concrète du Plan d’action de Luanda. Dans un continent où plusieurs zones demeurent sous tension, l’efficacité de ces nouveaux engagements dépendra notamment de la capacité de l’UA à intervenir plus tôt, avec des mécanismes mieux coordonnés et suffisamment financés.