Politique

Côte d’Ivoire : Ouattara et le président de la Commission de l ’UA misent sur des solutions africaines aux crises du continent

Par ESSOH EmmanuelLe mercredi 21 octobre 2026 à 16:55
Côte d’Ivoire : Ouattara et le président de la Commission de l ’UA misent sur des solutions africaines aux crises du continent

Reçu par Alassane Ouattara le 20 octobre 2026 à Abidjan, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a échangé avec le chef de l’État ivoirien sur la sécurité au Sahel et dans les Grands Lacs, l’autonomie financière de l’UA et l’intégration économique du continent

Le président ivoirien Alassane Ouattara a reçu en audience, le mardi 20 octobre 2026, Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine (CUA), au Palais présidentiel à Abidjan. Au cœur de cette rencontre : les défis sécuritaires du continent, le renforcement de l’autonomie financière de l’organisation panafricaine et l’accélération de l’intégration économique africaine.

Dans un contexte marqué par la persistance des crises dans plusieurs régions d’Afrique, les deux responsables ont échangé sur les moyens de consolider la réponse du continent à ses propres difficultés. Les discussions ont notamment mis en avant la nécessité de privilégier des solutions africaines, portées par les institutions et les États du continent, pour faire face aux menaces qui fragilisent la stabilité régionale.

La situation au Sahel et dans la région des Grands Lacs a occupé une place importante dans les échanges. Ces zones restent confrontées à des défis sécuritaires complexes, notamment à cause de l’activité de groupes armés et de la circulation de menaces au-delà des frontières nationales.

Face à ces réalités, Alassane Ouattara et Mahmoud Ali Youssouf ont souligné l’importance de renforcer les mécanismes de coopération entre les pays africains. La lutte contre l’expansion des groupes armés transfrontaliers nécessite en effet une coordination accrue des efforts, ainsi qu’une action collective adaptée aux réalités locales.

L’enjeu est également de permettre au continent de prendre davantage en main la gestion de ses crises. Cette approche suppose de consolider les capacités des institutions africaines et de favoriser des réponses durables, fondées sur les besoins des populations concernées.

Au-delà des questions de sécurité, les échanges ont porté sur les moyens financiers dont dispose l’Union africaine pour mettre en œuvre ses ambitions. La mobilisation des ressources propres apparaît comme un enjeu central pour réduire la dépendance de l’organisation aux financements extérieurs.

Dans cette perspective, l’Agence africaine de notation de crédit (AfCRA) a également été évoquée. Cet instrument est présenté comme un levier susceptible de contribuer à une meilleure appréciation du risque africain et de faciliter l’accès des pays du continent aux marchés internationaux des capitaux.

L’objectif est de renforcer la capacité des États africains à mobiliser des financements pour soutenir leurs projets de développement. Cette démarche s’inscrit dans une réflexion plus large sur la souveraineté économique du continent et sa capacité à financer ses propres priorités.

La question de l’intégration régionale a également figuré parmi les sujets abordés. Les deux responsables ont évoqué la nécessité d’accélérer le commerce intra-africain, un levier important pour stimuler les échanges, soutenir les entreprises et favoriser la création de richesses sur le continent.

Malgré les progrès accomplis, le développement des échanges entre pays africains demeure un chantier essentiel. L’amélioration des connexions économiques, la réduction des obstacles au commerce et la mise en œuvre des engagements communs restent déterminantes pour faire émerger un marché africain plus dynamique.

Le rôle d’Alassane Ouattara en tant que Champion de l’Agenda 2063 de l’Union africaine s’inscrit dans cette ambition. Ce programme stratégique porte la vision d’une Afrique plus intégrée, plus prospère et davantage maîtresse de son développement.

L’audience du 20 octobre 2026 traduit la volonté de maintenir le dialogue entre la Côte d’Ivoire et les instances de l’Union africaine autour des grands enjeux du continent. Sécurité, financement du développement et intégration économique constituent autant de dossiers qui appellent des efforts concertés.

Au-delà des échanges diplomatiques, le défi sera de traduire ces orientations en actions concrètes, capables de renforcer la stabilité, de soutenir les économies africaines et d’améliorer les perspectives des populations.

Pour l’Union africaine, l’enjeu reste de faire progresser une réponse collective aux crises du continent tout en consolidant les moyens financiers et institutionnels nécessaires à la réalisation de ses ambitions.