ONU: le discours de Netanyahu marqué par le départ de 77 délégations

Le discours de Benjamin Netanyahu devant l’Assemblée générale des Nations unies a été marqué par une scène particulièrement visible : de nombreuses délégations ont quitté la salle ou n’y étaient pas présentes au moment de son intervention. Selon le décompte relayé, 77 États étaient concernés, soit près de quatre pays sur dix parmi les 193 membres de l’ONU.
À New York, la prise de parole du Premier ministre israélien s’est déroulée sur fond de profondes divisions diplomatiques. Depuis l’attaque du Hamas contre Israël en octobre 2023 et l’offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza, le conflit reste au centre des discussions internationales. La situation humanitaire dans le territoire palestinien, les pertes civiles et la recherche d’une issue politique continuent notamment de diviser les États membres de l’organisation.
Lorsque Netanyahu a commencé son allocution, plusieurs rangées de sièges étaient vides. Selon le décompte publié à cette occasion, 77 délégations étaient soit absentes de la salle, soit avaient quitté leurs sièges au début du discours. Rapporté aux 193 États membres de l’ONU, ce chiffre représente environ 39,9 %, autrement dit près de quatre pays sur dix.
La répartition géographique montre que cette situation ne concernait pas une seule région du monde. En Afrique, 30 pays figurent dans le décompte. Parmi eux se trouvent notamment l’Afrique du Sud, le Sénégal, l’Angola, le Congo, la République démocratique du Congo, le Liberia, l’Érythrée, le Tchad, la République centrafricaine, Madagascar, le Niger, le Botswana, l’Ouganda, le Lesotho, l’Eswatini, la Guinée équatoriale, le Mozambique, la Namibie et le Kenya. Plusieurs pays africains classés parmi les États arabes, comme l’Égypte, le Soudan, la Tunisie, l’Algérie, la Libye, la Mauritanie, la Somalie, les Comores et Djibouti, complètent ce groupe.
L’Asie arrive ensuite avec 22 pays cités dans cette répartition. La Turquie, l’Iran, le Pakistan, l’Afghanistan, le Bangladesh, l’Indonésie, la Malaisie, Brunei, les Maldives, le Myanmar, la Corée du Nord, le Turkménistan, l’Ouzbékistan et le Kirghizistan figurent notamment dans la liste. Plusieurs pays du Moyen-Orient, dont la Syrie, la Jordanie, le Liban, l’Irak, l’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït, Oman et le Yémen, y sont également comptabilisés.
Du côté de l’Amérique latine et des Caraïbes, 17 États sont mentionnés, parmi lesquels le Brésil, le Venezuela, la Colombie, le Chili, la Bolivie, Cuba, le Pérou, le Panama, le Suriname, le Guyana et plusieurs États caribéens. L’Europe compte six pays dans le décompte, notamment l’Espagne, l’Irlande, la Slovénie et la Bosnie-Herzégovine. L’Océanie est représentée par deux États, Tuvalu et Tonga.
Cette répartition doit toutefois être interprétée avec prudence. Les 77 États n’ont pas nécessairement participé à une action coordonnée. Certaines délégations étaient absentes de la salle, tandis que d’autres ont effectivement quitté leurs sièges au moment du discours. Le chiffre donne donc une indication de l’ampleur des absences, mais ne permet pas à lui seul d’attribuer la même motivation politique à tous les pays concernés.
Au-delà de l’image des sièges vides, cette séquence met en évidence les fortes tensions diplomatiques entourant Israël sur la scène internationale. Le conflit à Gaza continue de provoquer des positions divergentes sur la sécurité d’Israël, la situation des Palestiniens et les conditions nécessaires à une éventuelle sortie de crise.
Reste désormais à déterminer si cette démonstration de désaccord aura des conséquences concrètes sur les discussions diplomatiques.
