CPI : pourquoi Marco Rubio qualifie la Cour de « tribunal voyou »

Marco Rubio a qualifié la Cour pénale internationale de « tribunal voyou » le 9 octobre 2026, alors que Washington annonçait de nouvelles sanctions. Une escalade qui ravive le débat sur la souveraineté des États et la justice internationale
Les tensions entre Washington et la Cour pénale internationale (CPI) ont franchi un nouveau cap. Le vendredi 9 octobre 2026, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a qualifié la juridiction de « tribunal voyou », alors que l’administration de Donald Trump annonçait de nouvelles sanctions financières contre l’institution. Derrière cette formule particulièrement dure se joue un bras de fer sur la justice internationale, la souveraineté des États et la responsabilité des dirigeants politiques.
Pour Washington, la CPI outrepasse ses prérogatives lorsqu’elle entend exercer sa compétence sur des ressortissants de pays qui ne sont pas parties au Statut de Rome, le traité fondateur de la Cour. Les États-Unis, qui n’ont pas ratifié ce texte, contestent notamment la légitimité de certaines procédures susceptibles de concerner leurs ressortissants ou leurs alliés.
La confrontation s’est notamment intensifiée après la délivrance, en novembre 2024, de mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. La CPI les soupçonne de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité liés à la guerre dans la bande de Gaza. Ces mandats ne constituent pas des condamnations, mais ils traduisent l’existence de charges que la Cour estime suffisamment fondées pour justifier leur délivrance.
L’administration américaine dénonce ces procédures et affirme vouloir empêcher que la juridiction internationale puisse, selon elle, menacer les intérêts des États-Unis, d’Israël ou de leurs ressortissants. Washington évoque également la nécessité de protéger les militaires américains et certains agents de l’État contre d’éventuelles poursuites qu’il juge illégitimes.
Les mesures annoncées par l’administration Trump visent à restreindre les transactions et les ressources financières liées à la CPI. Leur portée pourrait affecter le fonctionnement de la juridiction, notamment ses relations avec des acteurs financiers et des prestataires soumis à la réglementation américaine.
La Cour, de son côté, considère ces sanctions comme une attaque contre son indépendance et contre l’État de droit. Elle rappelle que son mandat repose sur le Statut de Rome et qu’elle exerce ses fonctions judiciaires sans dépendre des gouvernements.
Le désaccord dépasse ainsi la seule relation entre Washington et La Haye. Il pose une question fondamentale : comment faire respecter le droit pénal international lorsque des puissances refusent la compétence de la juridiction chargée de l’appliquer dans certaines situations ?
En qualifiant la CPI de « tribunal voyou », Marco Rubio exprime donc la position politique de l’administration américaine. Mais cette formule ne règle pas le débat juridique. Elle illustre surtout l’opposition persistante entre la défense de la souveraineté nationale revendiquée par Washington et la volonté de la justice internationale de poursuivre les crimes relevant de sa compétence.
