Politique

Kenya : Patrick Osoi menace d’expulser Aliko Dangote s’il accède à la présidence

Par ESSOH EmmanuelLe mardi 13 octobre 2026 à 13:05
Kenya : Patrick Osoi menace d’expulser Aliko Dangote s’il accède à la présidence

Au Kenya, Patrick Osoi menace de renvoyer Aliko Dangote au Nigeria s’il remporte la présidentielle de février 2027. Le candidat conteste le projet de méga-raffinerie à Lamu au nom de la souveraineté économique nationale

La perspective d’un investissement industriel de plusieurs milliards de dollars au Kenya suscite déjà des tensions politiques. Patrick Osoi, ancien militaire et candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle kényane, s’en est vivement pris au milliardaire nigérian Aliko Dangote. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, il lui demande de ne pas précipiter le lancement de ses installations industrielles à Lamu, sur la côte kényane.

Le candidat va plus loin en promettant, s’il est élu président en février 2027, de renvoyer l’homme d’affaires au Nigeria. Une déclaration qui place au centre du débat la question de la souveraineté économique du Kenya et de la place des investisseurs étrangers dans le développement du pays.

Apparaissant en treillis militaire dans la vidéo relayée sur les réseaux sociaux, Patrick Osoi adopte un discours résolument souverainiste. Selon lui, le Kenya dispose de compétences entrepreneuriales suffisantes pour conduire ses grands projets d’infrastructure, notamment dans le secteur énergétique.

Son argument repose sur une idée centrale : les richesses et les projets stratégiques du pays devraient davantage bénéficier aux acteurs économiques locaux. À travers ses déclarations, le candidat cherche ainsi à faire de la maîtrise nationale des investissements un enjeu politique.

Toutefois, la promesse d’expulser Aliko Dangote demeure, à ce stade, une déclaration de campagne. Sa mise en œuvre dépendrait notamment du cadre juridique kényan, des accords d’investissement et des engagements éventuellement conclus avec les partenaires concernés.

Le projet de méga-raffinerie attribué au groupe Dangote, évalué à 16 milliards de dollars selon les informations communiquées, cristallise les interrogations autour de l’investissement étranger et du contrôle des infrastructures stratégiques.

L’implantation envisagée à Lamu, sur la côte de l’océan Indien, intervient dans un contexte où les questions foncières, les retombées économiques locales et les effets des grands projets industriels alimentent les débats.

Pour ses défenseurs, un investissement de cette ampleur pourrait contribuer à renforcer les capacités énergétiques du pays, à attirer des capitaux et à créer des emplois. Ses détracteurs s’interrogent, quant à eux, sur la place accordée aux entreprises nationales et sur les bénéfices réellement destinés aux populations locales.

La déclaration de Patrick Osoi illustre ainsi les tensions susceptibles d’accompagner les grands investissements internationaux en Afrique. Entre recherche de capitaux, ambitions industrielles et revendications de souveraineté, le débat dépasse le seul cas d’Aliko Dangote.

Reste à savoir quelle place cette question occupera dans la campagne présidentielle kényane et comment les différents candidats entendent concilier investissements étrangers et intérêts économiques nationaux.