Politique

Guinée : Mamadi Doumbouya inaugure le premier train de voyageurs du TransGuinéen

Par ESSOH EmmanuelLe mardi 13 octobre 2026 à 16:29
Guinée : Mamadi Doumbouya inaugure le premier train de voyageurs du TransGuinéen

Le 12 octobre 2026, le président guinéen Mamadi Doumbouya a pris part au voyage inaugural du premier train de voyageurs du TransGuinéen. Reliée au mégaprojet Simandou, cette infrastructure ferroviaire de plus de 1 000 km marque une nouvelle étape pour le transport en Guinée

La Guinée a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de son réseau ferroviaire. Le lundi 12 octobre 2026, le premier train de voyageurs du TransGuinéen a effectué son voyage inaugural, en présence du président de la République, le général Mamadi Doumbouya. Un événement qui donne une nouvelle dimension au mégaprojet Simandou, jusque-là principalement associé au transport minier.

Un train qui transporte autre chose que des minerais : c’est le symbole que la Guinée a voulu mettre en avant avec le voyage inaugural du TransGuinéen. Le lundi 12 octobre 2026, le premier convoi de voyageurs de cette nouvelle ligne ferroviaire a pris le départ de Morébaya, dans la préfecture de Forécariah, en direction de Kassa, dans la préfecture de Mamou. À bord, le président guinéen, le général Mamadi Doumbouya, a pris part à cette étape présentée comme importante pour l’avenir des transports dans le pays.

Sur une distance annoncée de 148 kilomètres, le train a emprunté une partie du nouveau corridor ferroviaire développé dans le cadre du mégaprojet Simandou. La locomotive KOMA a assuré la traction du convoi, donnant à ce déplacement inaugural une portée qui dépasse le simple événement protocolaire.

Car derrière ce premier voyage se dessine une ambition plus large : faire du TransGuinéen une infrastructure capable de répondre à plusieurs besoins, en reliant les zones minières, les installations portuaires et, à terme, les usagers du transport de passagers.

Le parcours du train met en lumière l’ampleur des travaux engagés. Parmi les ouvrages les plus remarquables figure un tunnel de 11,6 kilomètres entre Koriba et Kassa, présenté comme le plus long d’Afrique de l’Ouest. À cela s’ajoutent de nombreux ouvrages d’art destinés à assurer la continuité et la fiabilité de la ligne.

Ces infrastructures témoignent des investissements mobilisés pour accompagner le développement du projet Simandou. Ce vaste programme, lié à l’exploitation de l’un des plus importants gisements de minerai de fer du pays, nécessite des moyens de transport capables d’acheminer les ressources vers les installations portuaires.

Le TransGuinéen est ainsi conçu comme un axe stratégique pour le transport des minerais et des marchandises. L’ouverture de sa vocation au transport de voyageurs constitue une évolution importante dans la manière dont cette infrastructure pourrait être utilisée.

Le réseau ferroviaire associé au TransGuinéen s’inscrit dans un projet de plus de 1 000 kilomètres. Son ambition est de contribuer à la transformation économique de la Guinée en facilitant les échanges et en soutenant les activités industrielles.

L’arrivée d’un train de voyageurs ouvre également des perspectives pour la mobilité des populations. À terme, le développement de cette activité pourrait améliorer les déplacements sur certains axes, selon les conditions d’exploitation, la desserte proposée et l’accessibilité du service.

Il convient toutefois de distinguer le voyage inaugural du lancement effectif d’un service régulier ouvert au public. Les modalités pratiques, notamment les horaires, les tarifs, les arrêts desservis et la date d’une éventuelle exploitation commerciale, restent des éléments essentiels pour mesurer les bénéfices concrets de cette nouvelle offre ferroviaire.

La Guinée disposait déjà d’une histoire ferroviaire marquée par d’anciennes lignes, notamment la liaison historique Conakry-Kankan et plusieurs réseaux destinés au transport de la bauxite. Le TransGuinéen représente néanmoins une nouvelle étape dans la modernisation de ces infrastructures, avec des installations adaptées aux ambitions minières et logistiques contemporaines.

Pour les autorités guinéennes, l’enjeu est désormais de faire en sorte que les investissements consentis produisent des retombées qui dépassent le seul secteur extractif. La diversification des usages du rail pourrait contribuer à renforcer les échanges, à soutenir l’activité économique et à offrir de nouvelles possibilités de déplacement.

Le voyage inaugural du 12 octobre 2026 marque donc un moment important pour le TransGuinéen. Reste maintenant à transformer cette démonstration en un service durable et accessible, afin que cette infrastructure majeure profite non seulement à l’économie minière, mais aussi aux populations guinéennes.