Gaza : la famine officiellement levée, mais des millions de personnes restent menacées

Malgré la levée officielle du statut de famine à Gaza, des millions de personnes restent confrontées à une grave insécurité alimentaire. Les difficultés d’accès à l’aide humanitaire et la malnutrition infantile continuent d’aggraver la situation
La fin officielle de la famine à Gaza ne signifie pas que les habitants ont retrouvé une alimentation suffisante. Malgré l’augmentation de l’aide humanitaire après l’accord de cessez-le-feu de décembre 2025, la population continue de vivre dans une situation alimentaire extrêmement fragile. Pour de nombreuses familles, trouver de quoi nourrir les enfants reste une préoccupation quotidienne.
En août 2025, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) avait déclaré une situation de famine dans une partie du territoire palestinien. L’amélioration de certains indicateurs et l’arrivée de davantage d’aide ont ensuite permis de mettre fin à ce statut officiel. Mais derrière cette évolution, les besoins restent considérables.
Selon les chiffres avancés dans les données disponibles pour octobre 2026, environ 1,4 million de personnes, soit près de 67 % de la population concernée, continuent de subir une insécurité alimentaire aiguë. Près de 200 000 personnes resteraient exposées aux conditions les plus extrêmes, proches du niveau de famine.
Les enfants figurent parmi les plus vulnérables. Même lorsque les distributions alimentaires reprennent, les carences accumulées pendant des mois peuvent avoir des conséquences durables sur leur croissance et leur santé. La baisse de certains indicateurs de malnutrition ne suffit donc pas à effacer les effets de la crise.
Pour les familles, l’enjeu ne se limite pas à recevoir ponctuellement un colis alimentaire. Il faut pouvoir accéder régulièrement à des produits variés, disposer d’eau potable et trouver des services de santé capables de prendre en charge les personnes les plus fragiles.
L’approvisionnement demeure compliqué par les restrictions d’accès, les contraintes administratives et les difficultés de circulation à proximité des zones contrôlées militairement. Des cargaisons d’aide pourtant préparées ou autorisées peuvent ainsi subir des retards, tandis que certaines terres agricoles et des quartiers restent difficiles d’accès.
Le passage de Kerem Shalom joue un rôle important dans l’acheminement de l’aide. Mais lorsque les points d’entrée et les itinéraires disponibles sont limités, la livraison de nourriture à grande échelle devient plus difficile.
Les organisations humanitaires soulignent ainsi qu’une amélioration durable nécessite un accès régulier, prévisible et suffisamment important pour répondre aux besoins de la population.
Les autorités israéliennes, notamment le COGAT, organisme chargé de la coordination des activités gouvernementales dans les territoires, affirment que les quantités de nourriture présentes à Gaza sont suffisantes. Le Programme alimentaire mondial (PAM) insiste, de son côté, sur la nécessité de garantir un accès humanitaire fluide et des financements durables.
Cette divergence souligne la différence entre la présence de stocks alimentaires sur un territoire et la possibilité, pour chaque famille, d’obtenir effectivement de quoi manger.
La fin du statut officiel de famine constitue donc une évolution importante, mais elle ne marque pas la fin de la crise. Tant que l’approvisionnement restera irrégulier et que des milliers de personnes demeureront exposées à des niveaux extrêmes d’insécurité alimentaire, la situation à Gaza restera une urgence humanitaire.
