Politique

Côte d’Ivoire : présentation des axes majeurs de la réforme électorale aux acteurs politiques

Par ESSOH EmmanuelLe jeudi 25 juin 2026 à 10:46
Côte d’Ivoire : présentation des axes majeurs de la réforme électorale aux acteurs politiques

La Côte d’Ivoire engage une nouvelle réforme de sa gouvernance électorale avec la mise en place d’une architecture à trois organes distincts, destinée à remplacer la CEI et à renforcer la transparence, la crédibilité et la confiance dans le processus électoral.

Le Premier ministre Robert Beugré Mambé a échangé, le 22 juin 2026 à la Primature, avec les responsables des partis politiques et les représentants de la société civile autour des grandes orientations de la réforme de la gouvernance électorale. Cette initiative vise à renforcer la transparence des élections, la crédibilité des scrutins et la confiance des citoyens dans le processus électoral.

Dans son allocution, le chef du gouvernement a rappelé le rôle central des élections dans le fonctionnement démocratique du pays. « L’article 51 de la Constitution consacre l’élection comme le mode d’exercice de la souveraineté par le peuple. L’élection doit être organisée dans des conditions qui rassurent le peuple. D’où l’importance du ou des organes de gestion des élections », a-t-il déclaré.

Cette réforme intervient dans un contexte marqué par plus de deux décennies de contestations électorales. Certaines crises ont eu des conséquences particulièrement dramatiques, notamment la crise postélectorale de 2010-2011 qui a fait plus de 3 000 morts et laissé de profondes séquelles dans le pays.

Depuis lors, chaque échéance électorale suscite des inquiétudes au sein de la population. Ce qui devrait être un moment d’expression démocratique et de libre choix des dirigeants est souvent perçu avec appréhension en raison des tensions politiques qui l’accompagnent. À l’approche de chaque scrutin présidentiel, le souvenir des événements de 2010 demeure présent dans les esprits.

Pour répondre à ces préoccupations, le gouvernement a dévoilé les contours d’une nouvelle architecture électorale appelée à succéder à la Commission électorale indépendante (CEI), dont le mandat des membres est arrivé à échéance et dont la dissolution a été actée lors du Conseil des ministres du 6 mai 2026.

La réforme prévoit la mise en place de trois structures distinctes :

  • un organe chargé de l’organisation matérielle et logistique des élections.

  • un organe dédié à la gestion, au décompte et à la traçabilité des voix.

  • un organe de supervision et de contrôle chargé de veiller à la régularité du processus et au respect des principes de neutralité et de transparence.

Le gouvernement a également rappelé l’évolution du système électoral ivoirien depuis l’indépendance. Entre 1960 et 1990, l’organisation des élections relevait exclusivement du ministère de l’Intérieur à travers l’administration publique.

Durant la période transitoire de 2000 à 2001, la Commission nationale électorale (CNE), créée en août 2000, était composée de représentants de l’administration, des partis politiques et de la société civile. Elle avait notamment la responsabilité de l’élection présidentielle d’octobre 2000.

À la suite de la crise postélectorale de 2000, la Commission électorale indépendante (CEI) a été instituée par la loi n°2001-634 du 9 octobre 2001 sous la forme d’une autorité administrative indépendante.

Au fil des années, la CEI a fait l’objet de plusieurs réformes de sa composition à travers des textes adoptés en 2004, 2005, 2007, 2014, 2019, 2020 et 2022. Ces ajustements, issus de concertations avec les partis politiques et les organisations de la société civile, visaient à renforcer la confiance des acteurs et à consolider la crédibilité de l’institution.

Entre 2001 et 2025, la CEI a organisé quatre (04) élections présidentielles, un (01) référendum ainsi que plusieurs scrutins locaux.

Avec la réforme annoncée, le gouvernement entend désormais ouvrir une nouvelle étape dans la gouvernance électorale afin de garantir des élections plus transparentes, inclusives et apaisées.