Côte d’Ivoire : l’opposition propose un nouvel organe électoral après la dissolution de la CEI

Après la dissolution de la CEI, l’opposition ivoirienne et plusieurs organisations de la société civile ont remis au gouvernement une proposition commune pour un nouvel organe électoral indépendant
La bataille pour dessiner le futur système électoral ivoirien est désormais engagée. Une délégation de partis politiques de l’opposition et d’organisations de la société civile a remis, ce lundi 5 octobre 2026, au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, une proposition commune pour la mise en place du nouvel organe électoral.
Cette démarche intervient quelques semaines après la dissolution de l’ancienne Commission électorale indépendante (CEI). Pour les initiateurs du document, l'enjeu est désormais de construire un mécanisme électoral capable de restaurer la confiance entre les différents acteurs politiques et d'éviter que les prochains scrutins ne deviennent de nouvelles sources de tensions.
Conduite par Pascal Affi N’ Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI), la délégation rassemble plusieurs formations de l’opposition et organisations de la société civile. La Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP-CI), Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire (ADCI), le Haut Conseil Électoral (HCE), ainsi que des représentants de Charles Blé Goudé, Ahoua Don Mello et Simone Ehivet Gbagbo ont notamment participé aux discussions.
Le projet présenté au gouvernement repose sur une architecture à deux niveaux.
Le premier serait un organe technique indépendant, chargé exclusivement de l’organisation et de la conduite des élections. Sa composition constitue l’un des points forts de la proposition : ses membres seraient recrutés par appel à candidatures parmi des experts, sans représentants du gouvernement ni des partis politiques. L’objectif affiché est de renforcer son indépendance et sa neutralité.
Le second serait un observatoire de contrôle. Cette structure aurait pour mission de suivre le processus électoral, d’interpeller l’organe technique en cas de dysfonctionnement et de formuler des recommandations.
Cette proposition ne fait toutefois pas l’unanimité au sein de l’opposition. Le PPA-CI de Laurent Gbagbo a participé à l’élaboration du document, mais doit encore l’entériner officiellement. Le PDCI, de son côté, a choisi de présenter séparément ses propres propositions de réforme.
Derrière cette différence d’approche se joue donc une question centrale : quelle architecture électorale pour la Côte d’Ivoire après la CEI ? Les initiateurs de la proposition veulent désormais ouvrir des discussions avec le gouvernement afin de parvenir à un dispositif consensuel.
Une nouvelle bataille politique s’annonce, mais cette fois autour de l’institution appelée à organiser les futures élections ivoiriennes.
