Côte d'Ivoire–Arabie Saoudite : de nouvelles pistes de coopération autour de l'agriculture, l'énergie et les infrastructures

La Côte d'Ivoire et l'Arabie Saoudite ont affiché, le 24 septembre 2026 à Abidjan, leur volonté de renforcer leur coopération autour de l'agriculture, l'énergie et les infrastructures, dans le cadre du PND 2026-2030
La Côte d'Ivoire et le Royaume d'Arabie Saoudite affichent une volonté commune de donner un nouvel élan à leur partenariat. C'est le message qui s'est dégagé de la cérémonie organisée le jeudi 24 septembre 2026 à l'hôtel Noom, à Abidjan-Plateau, à l'occasion de la célébration de la 96e Journée nationale du Royaume.
L'événement n'avait rien d'un simple rendez-vous protocolaire. Il a réuni autour de la table plusieurs figures de premier plan côté ivoirien : le président du Parlement, Patrick Achi, la ministre du Patrimoine de l'État et des Entreprises publiques, Mariétou Koné, ainsi que le ministre de la Communication, Amadou Coulibaly. S'y ajoutaient des membres du corps diplomatique, des représentants des guides religieux et des professionnels des médias. Au nom de l'État ivoirien, c'est Évariste Koffi Yapi, secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, qui a prononcé le mot officiel.
C'est dans son intervention que l'ambassadeur saoudien, Saad Bin Bakheat Alqathami, a mis en lumière les opportunités qu'offre le Plan national de développement (PND) 2026-2030 de la Côte d'Ivoire. Plusieurs secteurs ont été cités comme susceptibles d'accueillir de nouveaux investissements saoudiens : l'agriculture et la sécurité alimentaire, l'énergie, les infrastructures, mais aussi l'éducation, la formation, le commerce et l'industrie. Une manière, pour Riyad, de signaler que la coopération avec Abidjan ne se limite plus aux domaines traditionnels et pourrait s'élargir dans les années à venir.
Cette annonce ne sort pas de nulle part. Elle fait suite à une rencontre tenue le 14 septembre 2026, au cours de laquelle la Ministre d'État en charge des Affaires étrangères, Nialé Kaba, avait déjà reçu l'ambassadeur saoudien pour évoquer les perspectives de développement de la relation bilatérale. Plus tôt encore, en avril 2026, le ministre du Plan, Souleymane Diarrassouba, avait rencontré à Washington le président du Fonds Saoudien pour le Développement, avec, à la clé, deux engagements concrets : l'organisation d'une table ronde sur les opportunités d'investissement en marge des Assemblées de la Banque islamique de développement à Bakou, et une visite de suivi du président du Fonds en Côte d'Ivoire.
Au-delà des questions d'investissement, la relation entre les deux pays garde une forte dimension humaine et religieuse. L'initiative « Route de La Mecque » permet ainsi aux pèlerins ivoiriens d'effectuer une partie des formalités liées au Hajj directement à l'aéroport international Félix-Houphouët-Boigny, avant leur départ vers l'Arabie Saoudite. Sur le plan humanitaire, la coopération saoudienne prévoit également plus de 5 000 examens ophtalmologiques et environ 800 opérations de la cataracte au bénéfice de la population ivoirienne.
Plus de quatre décennies après le début de leurs relations, la Côte d'Ivoire et l'Arabie Saoudite semblent donc vouloir franchir une nouvelle étape, en misant sur des secteurs jugés stratégiques pour l'avenir du pays.
