Corée du Sud–Ukraine : les prisonniers nord-coréens au cœur d’une crise diplomatique

La Corée du Sud a rappelé son ambassadeur en Ukraine après la divulgation du transfert de deux prisonniers nord-coréens. Des révélations sur des livraisons de carburant à la Russie compliquent davantage les relations entre Séoul et Kiev
Les relations entre Séoul et Kiev connaissent un nouvel épisode de tension. Le jeudi 8 octobre 2026, la Corée du Sud a rappelé son ambassadeur en Ukraine après la divulgation du transfert de deux prisonniers de guerre nord-coréens vers son territoire. Des révélations sur des livraisons de carburant à la Russie viennent compliquer davantage ce dossier.
Entre la Corée du Sud et l’Ukraine, la confiance est mise à l’épreuve. Alors que Kiev poursuit sa résistance face à l’armée russe, un différend autour de deux soldats nord-coréens capturés sur le front a provoqué une brouille diplomatique entre les deux pays.
Séoul reproche au président ukrainien, Volodymyr Zelensky, d’avoir révélé en septembre, lors de son intervention à l’Assemblée générale des Nations unies, le transfert de ces deux militaires vers la Corée du Sud.
Pour les autorités sud-coréennes, cette opération devait rester confidentielle afin de protéger les soldats concernés et leurs familles restées en Corée du Nord. Séoul a donc demandé des explications et des excuses officielles à Kiev.
Les échanges entre les deux gouvernements n’ayant pas permis de résoudre le différend, la Corée du Sud a décidé de rappeler son ambassadeur, Park Hee-chang. Les deux pays affirment toutefois vouloir poursuivre les consultations pour trouver une issue à cette crise.
À cette brouille s’ajoute une controverse commerciale. Selon une enquête publiée par The Guardian, plus de 176 000 tonnes de produits pétroliers, principalement du diesel, auraient été expédiées depuis des ports sud-coréens vers la Russie en juillet et août 2026.
Ces livraisons suscitent des inquiétudes en Ukraine. Des responsables ukrainiens estiment que ces approvisionnements ont pu aider Moscou à compenser les perturbations provoquées par les frappes ukrainiennes contre ses raffineries.
Séoul affirme respecter les mesures de contrôle des exportations vers la Russie, mais n’a pas commenté en détail les cargaisons concernées. Kiev soupçonne, de son côté, certains circuits commerciaux d’avoir permis de contourner les restrictions.
Cette crise diplomatique intervient alors que les bombardements russes continuent de frapper les villes ukrainiennes. Le 8 octobre, une attaque à Kramatorsk, dans la région de Donetsk, a touché deux bus de transport de passagers. Selon les autorités ukrainiennes, le bilan s’est élevé à 33 morts et 18 blessés.
Kiev a également été visée par des attaques aériennes. À l’approche de l’hiver, les frappes contre les infrastructures font craindre de nouvelles difficultés pour une population déjà éprouvée par des années de guerre.
Malgré cette brouille, l’Ukraine se dit ouverte au dialogue avec la Corée du Sud. Les deux pays partagent des préoccupations face au rapprochement militaire entre Moscou et Pyongyang.
Reste à savoir si les discussions permettront de dépasser ces désaccords et de préserver leur coopération stratégique.
