Armes illicites : la ComNat-ALPC muscle la traque en Côte d'Ivoire

La traque aux armes illégales franchit un nouveau palier en Côte d'Ivoire. Depuis début septembre 2026, la ComNat-ALPC intensifie ses opérations de collecte et de destruction, avec un objectif fixé par le ministre de l'Intérieur : éliminer près de 1 000 armements obsolètes avant la fin de l'année
Un nouveau cap vient d'être franchi dans la traque aux armes illégales sur le territoire ivoirien. Dès les premiers jours de septembre 2026, la Commission nationale de lutte contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre (ComNat-ALPC) a fait savoir qu'elle accentuait ses efforts de collecte et de destruction.
À la manœuvre de cette offensive : l'inspecteur général de police Aboubacar Sidiki Diakité, président de la commission, qui entend nettoyer les communautés de ces armements en circulation et consolider, sur le long terme, la sécurité du pays.
Trois filières pour récupérer les armes
Avant de rejoindre le magasin central où elles seront détruites, les armes suivent l'un de ces trois chemins :
Le dépôt volontaire. Porté par un programme de sécurité communautaire, ce dispositif invite habitants et communautés à se séparer eux-mêmes de leurs armements.
Les confiscations judiciaires. Elles regroupent toutes les armes saisies par les forces de défense et de sécurité, que ce soit dans le cadre de procédures pénales ou d'interventions de terrain.
Les stocks hors service. Tribunaux et institutions publiques contribuent également en se
débarrassant d'armes vieillissantes ou devenues inutilisables.
Zéro poursuite pour qui joue le jeu

Pour convaincre le plus grand nombre de rendre les armes, l'État a fait le choix de la carotte plutôt que du bâton. Quiconque remet spontanément et volontairement une arme détenue illégalement n'a rien à craindre sur le plan judiciaire.
Un geste qui peut même être récompensé : selon la quantité d'armes rendues et le contexte local, des compensations individuelles ou des appuis à des projets communautaires peuvent venir accompagner la démarche.
Ce traitement clément a néanmoins ses frontières. Ceux qui préféreraient garder leurs armes dans l'illégalité s'exposent toujours pleinement aux sanctions pénales prévues, notamment lors des contrôles et perquisitions.
Près de 1 000 armes visées d'ici la fin de l'année
C'est le Ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, qui a donné le chiffre : la ComNat-ALPC ambitionne de détruire près de 1 000 armements obsolètes avant la fin de 2026.
Un objectif qui vient allonger une liste déjà longue. Depuis sa création en 2012, la commission a détruit pas moins de 26 760 armes et plus de 715 000 munitions le résultat de plus d'une décennie d'efforts continus contre la prolifération des armes légères en Côte d'Ivoire.
