Politique

Défense : le Bataillon de Sécurisation de l'Ouest cède la place au Bataillon d'Infanterie de Montagne

Par ESSOH EmmanuelLe samedi 26 septembre 2026 à 17:36
Défense : le Bataillon de Sécurisation de l'Ouest cède la place au Bataillon d'Infanterie de Montagne

À Man, le Bataillon de Sécurisation de l'Ouest laisse place au Bataillon d'Infanterie de Montagne, une unité pensée pour les reliefs de l'Ouest ivoirien

Il y a des cérémonies militaires qui ressemblent à une simple formalité administrative. Celle de vendredi 25 septembre 2026, à Man, n'en était pas une. Ce jour-là, sous un ciel qui surplombe les montagnes de l'Ouest ivoirien, le Bataillon de Sécurisation de l'Ouest (BSO) a officiellement tiré sa révérence. À sa place se dresse désormais une toute nouvelle unité, taillée pour ce terrain particulier : le Bataillon d'Infanterie de Montagne (BIM).

Sous le regard du Général d'Armée Lassina Doumbia, chef d'état-major général des armées, les arrêtés de dissolution du BSO et de création du BIM ont été lus devant les troupes rassemblées. Un moment sobre, presque solennel, où l'on referme une page pour en ouvrir une autre.

Puis vient le temps de la transmission. Les attributs de la nouvelle unité sont remis au lieutenant-colonel Siaka Dimy Sydney Martial, qui devient ainsi le tout premier chef de corps du BIM. Il succède au Colonel-Major Soro Dramane, qui commandait jusqu'alors le BSO. Un passage de témoin qui marque, au-delà du symbole, le début d'une nouvelle histoire pour cette garnison de Man.

Deux compagnies, aux noms qui claquent comme des étendards, sont présentées à cette occasion : « Aigle Royal » et « Lynx ». Les soldats prêtent alors serment, avant de réciter en chœur le credo de leur nouveau bataillon, résumé en une phrase qui sonne presque comme une promesse gravée dans la roche : « Debout sur les crêtes, invisibles dans les vallées ».

On pourrait croire à un simple rebaptême. Ce n'en est pas un. Derrière cette transformation se cache une idée simple, mais essentielle : l'Ouest ivoirien, avec ses forêts denses et son relief accidenté, ne se défend pas comme une plaine. Il exige une armée pensée, entraînée et équipée pour ce terrain-là.

« Face à des défis sécuritaires de plus en plus complexes, les forces armées de Côte d'Ivoire ont compris la nécessité de se réorganiser, de se moderniser et surtout de s'adapter à leurs réalités dont celles géographiques », a résumé le général Lassina Doumbia devant les rangs du BIM.

Le message est clair : dans une sous-région où les menaces prennent des formes multiples, souvent mouvantes, une unité générique ne suffit plus. Il faut des hommes formés spécifiquement à la marche en altitude, au combat en forêt, à la maîtrise des zones frontalières les plus difficiles d'accès. C'est précisément la mission que le CEMGA a confiée au BIM : tenir et maîtriser durablement les massifs et les forêts de sa zone de responsabilité, un objectif qu'il a présenté comme reposant sur trois fondements structurants pour l'avenir de l'unité.

Rien de tout cela n'était improvisé. Dès le 7 septembre 2026, soit près de trois semaines avant la cérémonie officielle, un exercice de combat en montagne avait déjà été lancé à Man, pour une durée de onze jours. Mouvements de troupes, de véhicules, d'aéronefs militaires : les populations locales avaient été prévenues des nuisances sonores à venir, le général Doumbia leur présentant lui-même ses excuses par anticipation.

Cet entraînement intensif préparait, sans le dire encore officiellement, la naissance du BIM. Une manière de tester, avant de nommer, la nouvelle doctrine que cette unité allait incarner.

Aujourd'hui, le BSO appartient au passé. Le BIM, lui, hérite d'une mission ambitieuse : celle de devenir les yeux et les bras des FACI dans un Ouest ivoirien où la géographie, autant que la sécurité, dicte désormais la stratégie militaire.