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RDC : Joseph Kabila condamné à mort par contumace, les charges retenues contre l’ancien président

Par ESSOH EmmanuelLe jeudi 22 octobre 2026 à 19:20
RDC : Joseph Kabila condamné à mort par contumace, les charges retenues contre l’ancien président

L’ancien président congolais Joseph Kabila a été condamné à mort par contumace le 30 septembre 2025 par la Haute Cour militaire à Kinshasa. Il était poursuivi notamment pour trahison, complot et participation à un mouvement insurrectionnel

La justice militaire congolaise a prononcé une lourde condamnation contre Joseph Kabila. Le 30 septembre 2025, l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) a été condamné à la peine de mort par contumace par la Haute Cour militaire, à Kinshasa. Il était poursuivi pour plusieurs infractions, notamment la trahison, le complot et sa participation présumée à un mouvement insurrectionnel.

Cette décision intervient dans un climat politique et sécuritaire particulièrement tendu, marqué par la progression du mouvement rebelle M23 dans l’est du pays et par les relations conflictuelles entre Joseph Kabila et son successeur, Félix Tshisekedi.

Absent lors de son procès, l’ancien chef de l’État, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019, se trouvait hors du territoire congolais. La procédure s’est déroulée par contumace, après plusieurs mois de tensions autour de son statut judiciaire et politique.

Les accusations retenues contre Joseph Kabila sont particulièrement graves. La Haute Cour militaire l’a reconnu coupable de trahison, notamment pour intelligence avec l’ennemi, ainsi que de faits liés à un mouvement insurrectionnel.

La justice congolaise lui reproche également son implication présumée dans des crimes de guerre, notamment des homicides intentionnels, des viols, des actes de torture et des attaques contre des biens protégés. Ces accusations sont liées au contexte des affrontements armés dans l’est de la RDC, où plusieurs groupes continuent de s’opposer aux forces gouvernementales.

Joseph Kabila a aussi été mis en cause pour ses liens présumés avec l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le Mouvement du 23 mars (M23). Les autorités congolaises l’accusent d’avoir participé à la dynamique insurrectionnelle associée à ces groupes.

La juridiction militaire a par ailleurs prononcé une peine de quinze ans de servitude pénale pour complot. Cette sanction a été absorbée par la peine la plus lourde, conformément aux règles appliquées dans cette procédure.

Il convient toutefois de distinguer les faits retenus dans le cadre du jugement des accusations politiques formulées par les différentes parties au conflit.

Le procès de l’ancien président s’est ouvert le 25 juillet 2025, après la levée de son immunité parlementaire par le Sénat, à la fin du mois de mai de la même année. Joseph Kabila disposait alors du statut de sénateur à vie.

Cette décision a ouvert la voie aux poursuites judiciaires engagées contre lui. En son absence, la Haute Cour militaire a poursuivi l’examen du dossier et rendu son verdict le 30 septembre 2025.

L’affaire a rapidement pris une dimension politique, en raison du poids de l’ancien président dans l’histoire récente du pays et de ses relations tendues avec le pouvoir en place.

Dans son camp, certains dénoncent une procédure qu’ils considèrent comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Les autorités congolaises, de leur côté, présentent les poursuites comme une réponse à des faits touchant à la sécurité nationale et à l’intégrité territoriale du pays.

Ces positions opposées illustrent les divisions qui traversent la scène politique congolaise, dans un contexte où les enjeux judiciaires se mêlent aux tensions sécuritaires.

Le dossier Joseph Kabila a connu un nouvel épisode politique le 12 octobre 2026. Ce jour-là, à Goma, dans l’est de la RDC, l’ancien chef de l’État a annoncé prendre la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), une coalition politico-militaire regroupant notamment l’ AFC et le M23.

Cette annonce a suscité des réactions à l’étranger. Le 22 octobre 2026, le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a fermement condamné cette alliance, qu’il a qualifiée de « déplorable, incompréhensible et inacceptable ».

La Belgique a réaffirmé son soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC. Bruxelles a également appelé à un cessez-le-feu et encouragé les parties à poursuivre les négociations dans le cadre des processus de paix de Doha et de Washington.

Ce rapprochement entre Joseph Kabila et une coalition comprenant le M23 intervient alors que les efforts diplomatiques peinent à mettre fin aux violences dans l’est du pays.

La condamnation à mort de Joseph Kabila ne concerne pas uniquement son parcours judiciaire. Elle s’inscrit dans une crise plus large, où s’entrecroisent les rivalités politiques, les questions de souveraineté et les affrontements armés.

Dans l’est de la RDC, les populations continuent de subir les conséquences du conflit : déplacements forcés, insécurité et difficultés d’accès aux services essentiels. Les initiatives diplomatiques engagées cherchent à créer les conditions d’une désescalade, mais leur aboutissement dépend notamment du respect des engagements pris par les parties concernées.

L’évolution du dossier Joseph Kabila reste donc suivie de près, tant pour ses implications judiciaires que pour ses répercussions sur l’équilibre politique congolais.

Entre la décision de la Haute Cour militaire, le positionnement de l’ancien président au sein du FRN et les réactions internationales, cette affaire demeure au croisement de la justice et du conflit dans l’est de la RDC. Pour les populations touchées par les violences, l’enjeu fondamental reste le retour durable de la sécurité et la possibilité de reprendre une vie normale.