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RDC : la Belgique condamne fermement l’alliance entre Joseph Kabila et le M23

Par ESSOH EmmanuelLe vendredi 23 octobre 2026 à 11:00
RDC : la Belgique condamne fermement l’alliance entre Joseph Kabila et le M23

La Belgique condamne fermement l’alliance entre Joseph Kabila et le M23 en RDC. Bruxelles réaffirme son soutien à la souveraineté congolaise et appelle à un cessez-le-feu ainsi qu’à la poursuite des négociations de paix

La Belgique ne cache pas son inquiétude face au rapprochement entre l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, et le mouvement rebelle M23. Le jeudi 22 octobre 2026, le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a vivement condamné cette alliance, qu’il a qualifiée de « déplorable, incompréhensible et inacceptable ». Une prise de position qui intervient alors que les tensions sécuritaires restent fortes dans l’est du pays.

Devant la commission des Relations extérieures de la Chambre des représentants, le chef de la diplomatie belge a dénoncé le choix de la lutte armée comme moyen de conquête du pouvoir. Pour Bruxelles, aucune ambition politique ne saurait justifier des attaques contre les institutions nationales. Le message est clair : les différends politiques doivent se régler par les voies démocratiques et non par les armes.

Cette réaction belge fait suite à l’annonce faite le 12 octobre 2026 à Goma, dans l’est de la RDC. Joseph Kabila y a annoncé qu’il prenait la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), une nouvelle coalition politico-militaire regroupant notamment l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le mouvement rebelle M23.

Cette initiative marque un tournant dans le positionnement de l’ancien chef de l’État, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019. En s’associant à une coalition comprenant un groupe armé engagé dans le conflit à l’est du pays, Joseph Kabila place son initiative au cœur des préoccupations politiques et diplomatiques.

Le M23 est accusé de graves exactions dans les zones où il opère. Le mouvement est également présenté par plusieurs acteurs internationaux comme bénéficiant du soutien du Rwanda, une implication régulièrement dénoncée par les autorités congolaises et contestée par Kigali.

Pour la Belgique, ce rapprochement soulève donc des interrogations majeures sur les moyens utilisés pour défendre des ambitions politiques. Le recours à la force risque, selon la position exprimée par Bruxelles, d’aggraver une crise déjà lourde de conséquences pour les populations civiles.

Au-delà de sa condamnation de l’alliance entre Joseph Kabila et le M23, la Belgique a réitéré son attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.

Bruxelles maintient également son opposition au soutien militaire rwandais au M23 et réclame le retrait complet des troupes rwandaises du territoire congolais. Cette exigence s’inscrit dans un contexte de fortes tensions entre Kinshasa et Kigali, autour de la présence de groupes armés et de l’implication présumée du Rwanda dans les combats.

Pour la diplomatie belge, le respect des frontières et de la souveraineté congolaise constitue une condition essentielle à tout règlement durable du conflit. La situation dans l’est de la RDC ne concerne pas uniquement les rapports entre gouvernements : elle affecte directement des populations confrontées à l’insécurité, aux déplacements forcés et à la fragilisation de leurs conditions de vie.

Dans ce contexte, la Belgique appelle les différentes parties à éviter toute initiative susceptible d’alimenter davantage les affrontements.

Malgré la fermeté de ses déclarations, Bruxelles continue de défendre une issue diplomatique à la crise. Maxime Prévot a ainsi appelé à un cessez-le-feu et encouragé les parties concernées à poursuivre les négociations dans le cadre des processus de paix de Doha et de Washington.

L’objectif est de parvenir à une désescalade des tensions et de créer les conditions d’un règlement politique durable. Mais ces efforts ne pourront produire des résultats concrets que si les acteurs impliqués acceptent de respecter leurs engagements et de privilégier le dialogue.

La multiplication des initiatives politico-militaires complique cette recherche de stabilité. L’annonce du FRN intervient en effet alors que les efforts diplomatiques tentent toujours de contenir les violences et de prévenir une aggravation du conflit.

Pour les populations de l’est de la RDC, l’urgence reste la même : retrouver la sécurité, pouvoir regagner leurs localités lorsque les conditions le permettent et reprendre une vie normale après des années d’instabilité.

La situation de Joseph Kabila est également marquée par un volet judiciaire. En septembre 2025, selon les informations rapportées sur cette procédure, l’ancien président a été condamné à mort par contumace par la justice militaire congolaise, notamment pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel.

Cette décision constitue un élément important du contexte politique dans lequel s’inscrit son initiative. Elle doit toutefois être distinguée de la position de la Belgique, dont les déclarations du 22 octobre portent principalement sur l’alliance entre l’ancien chef de l’État et le M23, ainsi que sur ses implications pour la stabilité du pays.

En condamnant ce rapprochement, Bruxelles réaffirme ainsi une ligne diplomatique fondée sur le respect de la souveraineté congolaise, le rejet du recours aux armes pour conquérir le pouvoir et la recherche d’une solution négociée.

Reste désormais à savoir si les démarches engagées à Doha et à Washington permettront de faire reculer les violences. Car derrière les déclarations politiques et les rivalités entre acteurs, ce sont les populations de l’est de la RDC qui continuent de payer le prix le plus lourd du conflit.