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Burkina Faso : l’État verrouille la privatisation des entreprises publiques stratégiques

Par ESSOH EmmanuelLe mardi 20 octobre 2026 à 14:50
Burkina Faso : l’État verrouille la privatisation des entreprises publiques stratégiques

Le Burkina Faso interdit la privatisation totale ou partielle des entreprises publiques stratégiques. Adoptée le 19 octobre 2026, la nouvelle loi renforce le contrôle de l’État sur les secteurs essentiels de l’économie

Le Burkina Faso entend garder la main sur les secteurs qui comptent le plus pour son économie. Le lundi 19 octobre 2026, l’Assemblée législative de transition (ALT) a adopté une nouvelle loi interdisant la privatisation totale ou partielle des entreprises publiques considérées comme stratégiques. À travers cette décision, les autorités veulent préserver le contrôle national sur des activités jugées essentielles à la souveraineté du pays.

Le texte a été adopté par 70 voix pour et une abstention, à l’issue de son examen par les membres de l’Assemblée. Proposé par le gouvernement, il vient remplacer une législation datant de décembre 1993, devenue ancienne au regard des évolutions économiques et institutionnelles du Burkina Faso.

Cette réforme s’inscrit dans la politique de souveraineté économique défendue par les autorités de transition dirigées par le capitaine Ibrahim Traoré. L’ambition affichée est claire : éviter que des entreprises essentielles au fonctionnement du pays échappent au contrôle national à la faveur d’opérations de privatisation.

La nouvelle loi vise les entreprises dont les activités présentent un intérêt majeur pour l’État. Plusieurs secteurs sont concernés, notamment l’énergie, les ressources naturelles comme l’or, les télécommunications, la défense et certaines infrastructures stratégiques, à l’image des aéroports.

Ces domaines occupent une place importante dans le fonctionnement de l’économie et dans la capacité du pays à assurer ses besoins fondamentaux. Pour les autorités, leur protection représente donc un enjeu qui dépasse la seule gestion des entreprises publiques.

Toutefois, toutes les entreprises opérant dans ces secteurs ne seront pas automatiquement concernées. La liste précise des structures bénéficiant de cette protection doit encore être définie par un décret d’application. Cette étape permettra de déterminer les entités considérées officiellement comme stratégiques.

La réforme ne se limite pas à interdire la vente de ces entreprises à des intérêts privés. Elle renforce également les règles encadrant certaines décisions susceptibles de modifier leur fonctionnement ou leur situation financière.

Désormais, certaines opérations importantes concernant les entités publiques ou celles dans lesquelles l’État détient une participation majoritaire devront recevoir l’autorisation préalable du Conseil des ministres. Cette exigence vise à soumettre les décisions les plus sensibles à un contrôle gouvernemental renforcé.

Le texte prévoit également la possibilité de réserver certaines activités économiques stratégiques aux seuls citoyens burkinabè. Les activités concernées devront être précisées par voie réglementaire.

Autre disposition notable, les biens et les comptes bancaires des entités économiques stratégiques bénéficient d’une protection particulière, avec une clause d’insaisissabilité prévue par la loi. Ce mécanisme vise à protéger leurs actifs dans les conditions fixées par le nouveau cadre juridique.

En remplaçant le dispositif de 1993, les autorités burkinabè veulent adapter les règles de gestion du patrimoine économique public aux priorités actuelles du pays. La décision traduit leur volonté de conserver la maîtrise des ressources et des infrastructures jugées essentielles à l’indépendance économique nationale.