Maroc : les vernis semi-permanents contenant du TPO interdits, les professionnels de la beauté appelés à la vigilance

Depuis le 1er septembre 2025, le Maroc interdit les vernis semi-permanents et les gels pour ongles contenant du TPO. L’ AMMPS appelle les professionnels de la beauté et les consommateurs à la vigilance face aux risques associés à cette substance chimique
Depuis le 1er septembre 2025, les vernis et gels pour ongles contenant du TPO sont interdits au Maroc. Cette mesure, portée par l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS), vise à protéger la santé des consommateurs et des professionnels de la beauté face aux risques associés à cette substance chimique utilisée pour durcir les produits sous lampe UV.
Les adeptes de manucures semi-permanentes devront désormais redoubler de prudence au moment de choisir leurs produits. Au Maroc, les vernis et gels pour ongles contenant du TPO sont visés par une interdiction entrée en vigueur le 1er septembre 2025. La décision concerne l’ensemble de la chaîne, de la fabrication à l’utilisation, en passant par l’importation, la distribution et la vente.
À travers cette mesure, l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé entend renforcer la sécurité des produits cosmétiques mis à la disposition du public. Les professionnels des salons de beauté sont notamment appelés à retirer les produits concernés de leurs rayons et à cesser de les utiliser.
Derrière cette décision se trouve une substance dont le nom reste peu connu du grand public : le TPO, ou oxyde de diphényl(triméthylbenzoyl)phosphine. Ce composé chimique est utilisé comme photo-initiateur dans certains vernis semi-permanents et gels pour ongles. Son rôle est essentiel dans le processus de durcissement : sous l’effet d’une lampe UV ou LED adaptée, il déclenche une réaction chimique qui permet au produit de se solidifier.
Cette propriété explique son utilisation dans les produits destinés à obtenir une manucure durable. Mais les préoccupations liées à sa sécurité ont conduit les autorités sanitaires à prendre des mesures restrictives.
Le principal motif d’inquiétude concerne les effets potentiels du TPO sur la santé reproductive. La substance a été classée comme toxique pour la reproduction, une classification qui traduit des risques possibles pour la fertilité ou le développement. Cette évaluation a notamment conduit à son interdiction dans les produits cosmétiques au sein de l’Union européenne à partir du 1er septembre 2025.
Il convient toutefois de distinguer le danger associé à une substance de l’exposition réelle d’une personne. La classification ne signifie pas que chaque utilisation d’un vernis contenant du TPO entraîne automatiquement un problème de santé. Elle indique néanmoins que les risques identifiés justifient des mesures de protection.
Les produits utilisés pour les manucures peuvent également provoquer des réactions allergiques chez certaines personnes, notamment en cas de contact avec la peau ou de mauvaise application. Ces réactions ne sont pas exclusivement liées au TPO : d’autres ingrédients présents dans les gels et vernis peuvent également être responsables d’allergies.
L’interdiction impose une adaptation des habitudes dans le secteur de la beauté. Les professionnels doivent vérifier la composition de leurs produits, écarter ceux contenant du TPO et s’assurer que les références utilisées respectent la réglementation marocaine. La présence de stocks déjà achetés ne constitue pas une raison pour poursuivre leur utilisation si les produits sont visés par l’interdiction.
Du côté des consommateurs, le premier réflexe consiste à lire la liste des ingrédients figurant sur l’emballage. Le TPO peut apparaître sous son nom chimique ou sous une dénomination utilisée dans la nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques (INCI), notamment « Trimethylbenzoyl Diphenylphosphine Oxide ».
Choisir un produit portant la mention « TPO-free » peut aider, à condition de vérifier également sa composition et sa conformité aux règles en vigueur. Les clientes peuvent aussi demander aux professionnels de leur montrer les références utilisées et de préciser les mesures prises pour respecter l’interdiction.
Cette évolution rappelle que les produits cosmétiques, même lorsqu’ils sont couramment utilisés, doivent faire l’objet d’une attention particulière. Pour les autorités, les distributeurs, les esthéticiennes et les clientes, l’enjeu est désormais de concilier les exigences esthétiques avec la protection de la santé.
Au Maroc, la décision relative au TPO marque ainsi une étape importante dans l’encadrement des produits de manucure. Pour connaître précisément les obligations applicables et les modalités de retrait des produits concernés, les professionnels comme les consommateurs sont invités à consulter la note officielle publiée par l’ AMMPS.
