Faits divers

Koumassi Campement : à la veille de la rentrée, la course contre la montre pour libérer les écoles

Par ESSOH EmmanuelLe mercredi 16 septembre 2026 à 15:22
Koumassi Campement : à la veille de la rentrée, la course contre la montre pour libérer les écoles

À Koumassi, la mairie et des leaders religieux mènent une campagne de sensibilisation auprès des dernières familles déguerpies encore réfugiées dans les salles de classe du Groupe scolaire BAD-LONACI. Objectif : libérer les lieux et permettre une reprise des cours dans de bonnes conditions dès ce lundi 14 septembre 2026

À Koumassi, l'heure n'est plus aux appels au calme mais à l'action de terrain. Alors que les élèves doivent reprendre le chemin de l'école ce lundi 14 septembre 2026, la mairie et des figures religieuses multiplient les visites auprès des dernières familles sinistrées encore installées dans les classes du Groupe scolaire BAD-LONACI, afin de les convaincre de partir avant la rentrée.

Trois mois d'attente dans les salles de classe

Tout remonte au 3 juin 2026, jour où une opération de déguerpissement a rasé les habitations du quartier Houphouët-Boigny, plus connu sous le nom de « Campement ». Menée dans le cadre de l'exécution d'une décision de justice au bénéfice d'un opérateur économique, cette démolition a laissé des dizaines de familles sans toit du jour au lendemain. Beaucoup se sont repliées dans l'enceinte de l'école la plus proche, transformant du jour au lendemain préaux et salles de classe en abris de fortune.

Trois mois plus tard, une partie de ces familles s'y trouvait toujours. À quelques jours de la rentrée, on comptait encore des dizaines de personnes — en grande majorité des femmes et des enfants — vivant au milieu de matelas, de bâches et d'ustensiles de cuisine, dans des locaux censés accueillir des élèves. Un décor qui racontait, mieux que n'importe quel discours, la difficulté d'un relogement qui n'est jamais venu.

Une cohabitation devenue intenable

Face à l'imminence de la rentrée, la situation ne pouvait plus durer. Les autorités municipales se retrouvent devant une équation délicate : d'un côté, des enfants qui doivent retrouver leurs bancs et leurs enseignants dans des conditions normales ; de l'autre, des familles qui n'ont, pour beaucoup, toujours pas trouvé où aller. Un mouvement de mécontentement avait d'ailleurs éclaté à la mi-août, lorsque des femmes sinistrées s'étaient rassemblées devant la mairie pour réclamer une aide concrète au relogement, dénonçant des promesses restées sans suite.

C'est dans ce contexte tendu que la mairie de Koumassi a choisi d'associer les leaders religieux du quartier à sa démarche. Plutôt que d'imposer une évacuation par la force, l'idée est de convaincre, famille par famille, en misant sur la voix de figures respectées localement pour faire entendre l'urgence de la situation : les écoles doivent retrouver leur vocation première avant que les cours ne reprennent.

Nettoyer et rouvrir avant lundi

Au-delà du seul départ des familles, c'est toute une remise en état des locaux qui doit suivre. Une fois les lieux libérés, les équipes municipales doivent procéder au nettoyage des salles de classe et des préaux, dans l'espoir de rendre aux élèves un cadre d'apprentissage propre et fonctionnel dès la rentrée de ce lundi.

Ce qu'il faut retenir

Cette campagne de sensibilisation illustre le dilemme social qui accompagne, depuis trois mois, les conséquences du déguerpissement de Koumassi Campement : comment garantir le droit à l'éducation des élèves sans abandonner des familles encore fragilisées, faute d'alternative de logement durable. Une équation que la mobilisation conjointe de la mairie et des chefs religieux tente, dans l'urgence, de résoudre avant la cloche de la rentrée.