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Côte d’Ivoire : affaire des 39 milliards FCFA à la DGI, ce que cherche à établir l’enquête

Par ESSOH EmmanuelLe lundi 26 octobre 2026 à 16:05
Côte d’Ivoire : affaire des 39 milliards FCFA à la DGI, ce que cherche à établir l’enquête

L’enquête sur le détournement présumé de plus de 39 milliards de FCFA à la DGI se poursuit en Côte d’Ivoire. Après une plainte du SAGI déposée le 21 juillet 2026, les auditions judiciaires se sont élargies aux responsables de l’administration fiscale

L’affaire des dégrèvements fiscaux contestés à la Direction générale des Impôts (DGI) continue de susciter des interrogations en Côte d’Ivoire. Au cœur du dossier, un montant de plus de 39 milliards de FCFA associé à des opérations fiscales jugées suspectes. Mais derrière ce chiffre, les enquêteurs doivent surtout déterminer comment ces opérations ont été effectuées, si des procédures ont été contournées et si des responsabilités individuelles peuvent être établies.

Selon les informations relayées par plusieurs médias, les premières alertes auraient notamment été relevées dans le cadre de contrôles internes. Les éléments signalés ont ensuite conduit à une procédure judiciaire, engagée après une plainte du Syndicat des agents des Impôts (SAGI), déposée le 21 juillet 2026.

Le dossier porte sur des dégrèvements fiscaux, c’est-à-dire des réductions ou des annulations totales ou partielles d’impôts accordées dans certaines conditions. L’enjeu de l’enquête est de vérifier si les opérations contestées respectaient les règles applicables et les procédures de validation en vigueur.

Le montant de 39 milliards de FCFA évoqué dans cette affaire ne doit donc pas être automatiquement assimilé à une somme détournée. Il correspond à la valeur des dégrèvements mis en cause, dont la nature et les conditions d’exécution doivent être examinées.

Le directeur général des Impôts, Ouattara Sié Abou, a contesté la présentation de cette affaire comme un détournement déjà établi. Cette précision est importante, car seule l’instruction judiciaire permettra de déterminer la nature exacte des irrégularités éventuelles et leurs conséquences financières.

Le rapport attribué à l’Inspection générale occupe une place importante dans les informations relatives à ce dossier. Les vérifications internes auraient permis de relever des anomalies nécessitant des investigations complémentaires.

Les éléments disponibles ne permettent toutefois pas de détailler avec certitude l’ensemble des conclusions du rapport ni d’en attribuer précisément les éventuelles défaillances à des personnes déterminées.

Les investigations doivent notamment permettre de comprendre comment les dégrèvements ont été autorisés, quelles validations administratives ont été effectuées et si les mécanismes de contrôle ont correctement fonctionné. L’objectif est de reconstituer le cheminement des opérations et de vérifier leur conformité aux règles fiscales.

L’enquête s’intéresse aussi au fonctionnement des systèmes informatiques de la DGI. Des techniciens et des informaticiens figureraient parmi les premières personnes entendues à partir de la fin juillet 2026.

Les magistrats cherchent notamment à retracer les accès aux applications fiscales, à examiner les habilitations électroniques et à identifier les interventions qui auraient permis de réaliser les opérations contestées.

Ces vérifications techniques peuvent aider à établir la chronologie des actes, à distinguer les opérations régulières de celles qui pourraient être irrégulières et à déterminer si des accès ont été utilisés en dehors des procédures autorisées.

Au cours du mois d’octobre, les auditions se seraient élargies à des cadres supérieurs de l’administration fiscale, à des responsables de services centraux ainsi qu’à des bénéficiaires présumés des dégrèvements concernés.

Pour les autorités judiciaires, l’enjeu est désormais de confronter les données informatiques, les documents administratifs et les déclarations recueillies afin de déterminer ce qui s’est réellement passé.

Si des irrégularités sont établies, les conclusions de l’enquête pourraient également mettre en évidence les failles des mécanismes de contrôle et les mesures nécessaires pour renforcer la sécurité des opérations fiscales.

À ce stade, aucune conclusion définitive ne peut être tirée des seuls éléments présentés. Le montant évoqué, les anomalies signalées et les auditions réalisées constituent des éléments d’un dossier encore en cours d’examen.

La suite de la procédure devra permettre de distinguer les erreurs administratives éventuelles des faits susceptibles de constituer des infractions pénales. Dans l’attente des conclusions de la justice, la présomption d’innocence demeure applicable à toute personne susceptible d’être mise en cause.