Faits divers

Côte d’Ivoire : 183 tonnes de médicaments illicites saisies en dix jours lors de l’opération Épervier Spécial

Par ESSOH EmmanuelLe lundi 19 octobre 2026 à 19:23
Côte d’Ivoire : 183 tonnes de médicaments illicites saisies en dix jours lors de l’opération Épervier Spécial

L’opération Épervier Spécial a permis la saisie de près de 183 tonnes de médicaments illicites en neuf à dix jours. Le bilan comprend également 196 personnes conduites devant les parquets et 1 320 policiers et gendarmes mobilisés

La lutte contre la circulation des médicaments illicites se poursuit en Côte d’Ivoire. Lancée le 7 septembre 2026, l’opération Épervier Spécial a permis la saisie de près de 183 tonnes de médicaments de qualité inférieure et falsifiés (MQIF) et de produits pharmaceutiques détournés, en seulement neuf à dix jours d’intervention. Ce premier bilan, communiqué le 17 septembre lors d’une réunion du Conseil national de sécurité (CNS), présidée par le chef de l’État, illustre l’ampleur des moyens engagés contre ces produits dangereux pour la santé publique.

L’opération, prévue pour durer 90 jours, mobilise les forces de sécurité sur plusieurs fronts. Les premières interventions rapportées se sont notamment déroulées à Bouaké, Daloa et Korhogo, trois villes ciblées dans le cadre de cette action contre les circuits de distribution illicites.

Entre le 7 et le 16 septembre 2026, les équipes engagées dans l’opération ont procédé à la saisie d’environ 183 tonnes de médicaments illicites. Ce volume important souligne les enjeux liés à la circulation de produits pharmaceutiques échappant aux circuits autorisés.

Les médicaments de qualité inférieure ou falsifiés représentent un risque pour les consommateurs. Leur composition, leur dosage ou leurs conditions de conservation peuvent être inadaptés, voire dangereux. Certains produits peuvent contenir des substances incorrectes, ne pas renfermer la quantité attendue de principe actif ou ne pas produire l’effet thérapeutique recherché. Leur utilisation peut ainsi retarder une prise en charge efficace et exposer les patients à des complications.

Au-delà de la saisie des produits, l’enjeu consiste à identifier les réseaux d’approvisionnement et de distribution afin de limiter leur réapparition sur les marchés. La seule interception des marchandises ne suffit pas à éliminer durablement un commerce alimenté par la demande et par des circuits clandestins.

Pour mener les opérations, 1 320 éléments de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale ont été mobilisés. Leur déploiement s’inscrit dans une action plus large de sécurisation et de lutte contre plusieurs formes de délinquance.

Le bilan communiqué au Conseil national de sécurité fait également état de 56 fumoirs détruits et non recolonisés, ainsi que de plus de 3 500 engins immobilisés, notamment pour des infractions liées au défaut de casque ou de plaque d’immatriculation.

Par ailleurs, 196 personnes ont été interpellées et conduites devant les parquets. Ces chiffres traduisent l’étendue des interventions menées dans le cadre de l’opération. Les suites judiciaires individuelles relèvent toutefois des autorités compétentes et doivent être distinguées des interpellations annoncées.

 Le dispositif a aussi concerné la protection et la réinsertion des mineurs. Selon le bilan présenté, 180 enfants en conflit avec la loi ont été pris en charge par la Cellule de coordination, de suivi et de réinsertion (CCSR). Cette dimension sociale complète le volet sécuritaire de l’opération.

La circulation des faux médicaments constitue une menace particulière pour les personnes qui recherchent des traitements accessibles ou qui achètent des produits en dehors des circuits réglementés. L’absence de contrôle fiable sur leur origine, leur fabrication et leur conservation rend leur utilisation risquée.

Pour réduire durablement ce phénomène, les opérations de terrain doivent s’accompagner d’un renforcement des contrôles, d’une meilleure surveillance des circuits de distribution et d’une sensibilisation du public. Les patients sont notamment invités à privilégier les pharmacies autorisées et à éviter les médicaments vendus dans des circuits informels, sans garantie sur leur provenance.

L’opération Épervier Spécial, lancée pour une période de 90 jours, doit se poursuivre au-delà de ce premier bilan. Les résultats annoncés entre le 7 et le 16 septembre constituent une première étape, mais l’efficacité à long terme du dispositif dépendra aussi de la capacité des autorités à empêcher la reconstitution des réseaux et à protéger les populations contre les produits pharmaceutiques dangereux.

En Côte d’Ivoire, la saisie de près de 183 tonnes de médicaments illicites rappelle ainsi que la lutte contre ce commerce ne relève pas uniquement de la sécurité. Elle constitue également un enjeu majeur de santé publique.