Bédiala : la mort d'un professeur d'anglais au corridor plonge le Haut-Sassandra dans le deuil

Un professeur d'anglais a perdu la vie au corridor de Bédiala. Ses collègues du Haut-Sassandra suspendent les cours, réclament une enquête et la suppression du poste de contrôle.
Le samedi 26 septembre 2026, un drame a endeuillé la communauté éducative du Haut-Sassandra. Keïta Daouda, professeur d'anglais au Lycée Moderne de Bédiala, a perdu la vie au corridor de Bédiala, sur la route qui relie Daloa à Bédiala. Sa mort a provoqué la colère de ses collègues et paralysé plusieurs établissements de la région.
D'après le collectif des syndicats du secteur Éducation-Formation du Haut-Sassandra, l'enseignant rentrait de Daloa à moto. Comme beaucoup de salariés en fin de mois, il venait de faire ses courses. Il roulait derrière un gros camion qui venait de passer le poste de contrôle.
Toujours selon le collectif, les forces de l'ordre utilisaient une corde en guise de barrière. Au moment où le professeur arrivait, elle aurait été relevée brusquement et l'aurait heurté de plein fouet. Projeté au sol, il serait mort sur le coup. Ce récit émane des syndicats et doit être établi par une enquête officielle.
La nouvelle s'est vite répandue. Des collègues de la victime se sont rendus sur place, et la situation a dégénéré en échauffourées. Le collectif dénonce des violences de la part des forces de l'ordre : coups et gaz lacrymogènes. Une dizaine d'enseignants auraient été blessés, dont quatre ont dû être hospitalisés. Les syndicats affirment aussi qu'un autre enseignant serait resté deux jours dans le coma en juillet, après un incident similaire au même endroit.
Les syndicats ont décrété trois jours de deuil régional, du lundi 28 au mercredi 30 septembre. Les cours sont suspendus dans plusieurs établissements de Daloa, et certains élèves ne reprendront pas avant le jeudi 1er octobre. Une motion de protestation devait être lue devant les autorités préfectorales de Daloa. Le programme prévoit aussi un piquet d'hommage sur les lieux du drame mardi 29 septembre, puis une visite de condoléances à la famille mercredi 30 à Bédiala.
Les syndicats réclament :
l'ouverture d'une enquête officielle pour établir les circonstances exactes du drame et faire la lumière sur les violences signalées ensuite
la suppression définitive du corridor de Bédiala
l'interdiction d'utiliser des cordes comme barrages routiers, au profit d'équipements réglementaires et visibles
la prise en charge de la famille du défunt.
À l'heure où nous écrivons, nous n'avons pas trouvé de communiqué officiel des forces de l'ordre ni du ministère de l'Éducation nationale sur les circonstances du drame. L'ouverture d'une enquête judiciaire n'a pas non plus été annoncée publiquement, alors qu'elle est la principale demande des syndicats. L'enquête devra établir ce qui s'est réellement passé au corridor, ainsi que les conditions dans lesquelles les échauffourées ont eu lieu.
Des organisations de défense des droits des enseignants, comme l'ONG GENIE-DH, gardent une forte pression. Elles regrettent le silence initial des autorités et demandent que toute la vérité soit faite sur l'usage d'une corde comme barrière et sur les gaz lacrymogènes employés contre les collègues venus s'enquérir de la situation.
Au-delà de la douleur, c'est la sécurité des usagers aux postes de contrôle qui est posée. Pour les enseignants du Haut-Sassandra, la mort de leur collègue ne doit pas rester sans réponse.
