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Arabie saoudite : deux ressortissants bangladais exécutés à La Mecque, Dacca demande des comptes

Par ESSOH EmmanuelLe mardi 20 octobre 2026 à 15:36
Arabie saoudite : deux ressortissants bangladais exécutés à La Mecque, Dacca demande des comptes

Deux ressortissants bangladais ont été exécutés le 14 octobre 2026 dans la région de La Mecque. Dacca affirme ne pas avoir été prévenu à l’avance et réclame des explications aux autorités saoudiennes

L’annonce a provoqué des interrogations au Bangladesh. Deux de ses ressortissants, un homme et une femme, ont été exécutés le mercredi 14 octobre 2026 dans la région de La Mecque, en Arabie saoudite. Condamnés à mort pour des faits qualifiés d’immoraux par les autorités saoudiennes et présentés comme ayant été commis dans une mosquée, ils ont été exécutés alors que, selon les autorités bangladaises, leur pays n’avait pas été informé au préalable.

Au-delà de la peine capitale, cette affaire soulève des questions sur le déroulement de la procédure judiciaire et sur la communication entre Riyad et Dacca. Les autorités bangladaises ont entrepris des démarches diplomatiques pour obtenir des explications sur les circonstances de ces exécutions.

Les deux personnes ont été identifiées par les autorités saoudiennes sous les noms de Nazrul Islam Abdul Basir et Siti Akhtar. Dans certains médias bangladais, la femme est également désignée sous le nom de Sweety Akhtar.

Selon les informations rendues publiques par le ministère saoudien de l’Intérieur, les deux ressortissants ont été poursuivis puis condamnés à mort pour un acte considéré comme contraire à la moralité et commis à l’intérieur d’une mosquée de la région de La Mecque.

Les autorités ont notamment invoqué la gravité des faits reprochés et le caractère sacré du lieu concerné pour justifier la sévérité de la sanction. Toutefois, les informations disponibles ne détaillent pas précisément la nature des actes retenus contre les condamnés ni l’ensemble des circonstances de l’affaire.

Certaines publications évoquent des relations sexuelles ou des faits assimilés à l’adultère. En l’absence d’éléments judiciaires publics suffisamment détaillés, ces interprétations doivent néanmoins être distinguées des informations officiellement confirmées.

D’après les informations communiquées par les autorités saoudiennes, les condamnations ont été prononcées dans le cadre du ta’ zir, une catégorie de sanctions relevant de l’appréciation du juge en droit islamique.

La version officielle indique que les verdicts ont suivi les étapes judiciaires requises et ont été confirmés par les instances compétentes avant l’application des peines. Les deux ressortissants ont finalement été exécutés le 14 octobre dans la région de La Mecque.

Des questions demeurent toutefois sur le déroulement concret de la procédure. Les informations rendues publiques ne permettent pas de déterminer avec précision les éléments de preuve examinés, les conditions dans lesquelles les accusés ont assuré leur défense ou les recours dont ils ont éventuellement bénéficié.

Ces zones d’ombre rendent difficile une reconstitution complète de l’affaire à partir des seuls communiqués disponibles.

La réaction de Dacca s’est principalement concentrée sur l’absence de notification préalable. Le consulat général du Bangladesh à Djeddah a indiqué ne pas avoir été informé avant l’exécution de ses deux ressortissants.

Les autorités bangladaises ont alors engagé des démarches diplomatiques auprès de la partie saoudienne afin d’obtenir des précisions. Une demande d’explications a notamment été adressée aux représentants de l’Arabie saoudite pour clarifier les circonstances de cette affaire.

Cette absence d’information préalable constitue un point sensible. Lorsqu’un ressortissant étranger est condamné à mort, les échanges entre les autorités judiciaires et les représentations diplomatiques peuvent être essentiels pour permettre au pays d’origine de suivre le dossier et de renseigner les proches.

Dans cette affaire, les autorités bangladaises cherchent donc à comprendre pourquoi elles n’auraient pas été prévenues avant l’application des peines et quelles informations peuvent être communiquées sur les dernières étapes de la procédure.

Derrière les échanges entre gouvernements, les conséquences sont également humaines. Les proches des deux condamnés doivent faire face à l’annonce de leur exécution et chercher à obtenir des informations sur les circonstances de leur décès.

La famille de Nazrul Islam aurait notamment exprimé le souhait de voir sa dépouille rapatriée au Bangladesh. Cette démarche s’ajoute aux demandes d’explications adressées aux autorités saoudiennes.

Pour l’heure, plusieurs points restent à éclaircir : les détails précis des faits reprochés, les garanties entourant la procédure judiciaire et les raisons de l’absence de notification préalable dénoncée par Dacca.

Cette affaire rappelle les difficultés auxquelles peuvent être confrontés les ressortissants étrangers lorsqu’ils sont poursuivis dans un autre pays, en particulier dans les dossiers pouvant aboutir à la peine capitale. Les explications attendues de Riyad devraient permettre de mieux comprendre les circonstances des exécutions et les échanges qui ont, ou non, eu lieu avec les autorités bangladaises.