Séguéla : une nouvelle usine de transformation de noix de cajou en préparation

La société SOMMON SA a annoncé, le 25 septembre 2026, l'implantation prochaine d'une usine de transformation de noix de cajou dans la zone industrielle dédiée de Séguéla
Il y a des annonces qui ressemblent à une promesse tenue depuis longtemps. C'est un peu ce qu'ont ressenti les habitants de Séguéla, ce vendredi 25 septembre 2026, lorsque les responsables de la société SOMMON SA sont venus leur annoncer, lors d'une rencontre d'échange organisée avec les populations locales, l'arrivée prochaine d'une nouvelle unité de transformation de noix de cajou dans la zone industrielle de la ville.
Ce qui frappe dans le projet porté par SOMMON SA, ce n'est pas seulement l'idée de transformer des noix brutes. L'entreprise vise plus loin : obtenir une certification internationale pour ses produits, et surtout ne rien laisser perdre, en valorisant les sous-produits issus de la transformation dans d'autres filières industrielles. Une manière, pour la ville, de ne plus se contenter de fournir la matière première, mais de véritablement en tirer profit sur place.
Face aux populations réunies, le directeur général de l'entreprise n'a pas caché sa conviction. Il a rappelé deux atouts qui, selon lui, feront la différence : une matière première déjà disponible en abondance dans la région, et des autorités locales pleinement engagées à ses côtés. Ses mots ont marqué les esprits : « Séguéla est peut-être une ville de taille modeste, mais elle a tous les atouts pour accueillir une industrie de ce niveau. Avec l'engagement des jeunes, des producteurs et des autorités, nous irons loin. » Un appel, en somme, à ce que chacun jeunes, producteurs, élus prenne sa part dans cette aventure industrielle qui démarre.
Ce projet ne sort pas de nulle part. Il s'inscrit dans une stratégie nationale bien plus ambitieuse : celle qui a fait naître, à Séguéla, Korhogo et Bondoukou, trois zones industrielles entièrement dédiées à la transformation de l'anacarde. Ces sites sont le fruit du Projet de promotion de la compétitivité de la chaîne de valeurs de l'anacarde (PPCA), une initiative conjointe de la Banque mondiale et de l'État ivoirien. Une fois pleinement en activité, la seule zone de Séguéla devrait traiter entre 40 000 et 60 000 tonnes de noix brutes chaque année un volume qui donne la mesure de l'ambition portée pour cette région du Nord-Ouest.
Mises bout à bout, ces trois zones industrielles doivent apporter au moins 150 000 tonnes de capacités de transformation supplémentaires dès la campagne 2026. Un chiffre qui prend tout son sens quand on sait que la Côte d'Ivoire reste, année après année, le premier producteur mondial de noix de cajou brutes, avec près de 1,2 million de tonnes récoltées. Pourtant, jusqu'ici, une grande partie de cette richesse partait à l'étranger sans jamais être transformée sur place. En 2025, ce taux de transformation locale a atteint 43 %, contre seulement 30 % l'année précédente et le gouvernement vise désormais les 45 %, preuve que la tendance s'accélère.
Au fond, ce qui se joue à Séguéla dépasse largement une simple usine qui s'installe. C'est toute une région qui pourrait basculer d'un rôle de fournisseur de matière première à celui d'acteur industriel à part entière. Pour les jeunes en quête d'emploi, pour les producteurs qui voient enfin leur récolte transformée à quelques kilomètres de chez eux, cette annonce sonne comme une opportunité concrète de rester au pays, de travailler au pays, et de faire fructifier, sur place, ce que la terre de Séguéla leur offre depuis toujours.
