Pétrole : Sénégal et Côte d’Ivoire se disputent les investissements, qui tirera son épingle du jeu ?

La Côte d’Ivoire accélère le développement du champ pétrolier Baleine, tandis que le Sénégal ouvre de nouveaux blocs aux investisseurs. Deux stratégies pour attirer les capitaux et renforcer leurs économies
Le Sénégal et la Côte d’Ivoire veulent profiter pleinement de leurs ressources pétrolières et gazières pour attirer les investisseurs internationaux. À mesure que les projets se développent et que de nouvelles perspectives d’exploration apparaissent, les deux pays renforcent leurs ambitions dans le secteur énergétique. Mais derrière cette dynamique commune, les stratégies diffèrent et une question demeure : lequel parviendra à attirer le plus de capitaux et à en tirer les meilleures retombées économiques ?
Entre les investissements engagés dans le champ Baleine en Côte d’Ivoire et l’ouverture de nouveaux blocs pétroliers et gaziers au Sénégal, la compétition régionale prend une nouvelle dimension.
À Abidjan, le développement des hydrocarbures repose notamment sur le champ pétrolier et gazier Baleine, découvert en 2021 par le groupe italien Eni en partenariat avec PETROCI.
Ce projet occupe une place importante dans les ambitions énergétiques ivoiriennes. Le 25 mai 2026, une nouvelle étape a été franchie avec la décision finale d’investissement de la troisième phase de développement, estimée à 4 milliards de dollars. Ce montant porte à environ 8,5 milliards de dollars les investissements annoncés pour l’ensemble du projet depuis sa découverte.
Les objectifs affichés sont considérables. À terme, cette troisième phase doit permettre de porter la production à 150 000 barils de pétrole par jour et celle du gaz naturel à 200 millions de pieds cubes par jour, selon les prévisions des partenaires.
Pour les autorités ivoiriennes, l’enjeu dépasse les volumes de pétrole extraits. Le gaz représente une ressource stratégique pour l’approvisionnement des centrales électriques, le développement industriel et la réduction des contraintes énergétiques.
Le pays entend également profiter de cette dynamique pour attirer de nouveaux opérateurs, renforcer les compétences locales et donner davantage de place aux entreprises ivoiriennes dans les activités liées aux hydrocarbures.
Cette orientation permet à la Côte d’Ivoire de s’appuyer sur des projets déjà engagés, tout en cherchant à consolider son attractivité auprès des grands groupes internationaux.
Le Sénégal avance également ses pions. Depuis l’entrée en production du champ pétrolier de Sangomar en juin 2024 et le démarrage des exportations de gaz naturel liquéfié du projet Grand Tortue Ahmeyim en 2025, le pays cherche à élargir ses perspectives dans les hydrocarbures.
Dakar veut désormais attirer de nouveaux partenaires pour explorer son potentiel pétrolier et gazier. Le 15 octobre 2026, lors de l’ African Energy Week au Cap, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, a annoncé la mise à disposition de 104 blocs pétroliers et gaziers pour les investisseurs.
Cette initiative vise à susciter l’intérêt des compagnies internationales et à multiplier les possibilités de découvertes commerciales. Sur les 113 blocs réorganisés, quatre étaient déjà sous contrat et cinq avaient été retenus pour des études préliminaires avec le groupe italien Eni, selon les informations communiquées.
Le projet gazier Yakaar-Teranga figure aussi parmi les dossiers stratégiques. Les autorités sénégalaises cherchent à réunir les conditions nécessaires à son développement, avec l’ambition de renforcer l’approvisionnement énergétique et de soutenir les activités industrielles.
À cela s’ajoute le projet d’une deuxième raffinerie, dont le coût est estimé entre 2 et 3 milliards de dollars. Sa concrétisation dépendra toutefois de la mobilisation des financements et de la conclusion des accords nécessaires.
Le Sénégal mise ainsi sur l’ouverture de son domaine minier et pétrolier, ainsi que sur la diversification de ses partenariats, pour accélérer le développement de son secteur énergétique.
La comparaison entre les deux pays révèle des stratégies différentes. La Côte d’Ivoire cherche à accroître la production et à consolider des investissements déjà engagés, notamment autour du champ Baleine. Le Sénégal, de son côté, veut multiplier les possibilités d’exploration et attirer des partenaires capables de financer ses futurs projets.
