Pétrole : l'État ivoirien reprend la main sur le bloc Espoir avec PETROCI CI-26

L'État ivoirien reprend officiellement le contrôle du champ Espoir : le Conseil des Ministres a validé, le 9 septembre 2026, la création de PETROCI CI-26, filiale à 100 % de PETROCI Holding. Une décision qui consolide la souveraineté énergétique du pays sur un bloc pétrolier stratégique
Un bloc pétrolier ne reste jamais longtemps sans exploitant. Réuni le mercredi 9 septembre 2026, le Conseil des ministres a tranché : l'État ivoirien va reprendre lui-même l'exploitation du bloc CI-26, plus connu sous le nom de champ Espoir, à travers la création d'une nouvelle société.
Une filiale à 100 % publique
Baptisée PETROCI CI-26, cette nouvelle société anonyme sera détenue intégralement (100 %) par PETROCI Holding, la société nationale d'opérations pétrolières de Côte d'Ivoire. Sa mission est claire : reprendre et assurer l'exploitation exclusive du bloc CI-26, autrement dit du champ Espoir.
Le champ Espoir en quelques chiffres
Découvert au large de Jacqueville en 1980 et mis en production en 2002, le champ Espoir figure parmi les actifs pétroliers historiques de la Côte d'Ivoire. Jusqu'à son transfert, le bloc CI-26 était exploité par un consortium réunissant :
Canadian Natural Resources (CNR) : 58,67 % (opérateur sortant)
Tullow Oil : 21,33 %
PETROCI : 20 %
Sur le plan de la production, le bloc CI-26 a généré 5,30 millions de MMBTU de gaz naturel en 2024, contre plus de 15 millions de MMBTU une décennie plus tôt un déclin qui explique en partie la volonté de l'État de reprendre la main sur cet actif pour en optimiser l'exploitation. Le site s'appuie notamment sur une unité flottante de production, de stockage et de déchargement (FPSO) d'une capacité de traitement de 40 000 barils de pétrole par jour.
La bascule opérationnelle s'est faite en deux temps : un transfert effectif des opérations le 24 juillet 2026, lors d'une cérémonie de signature à la Direction générale des Hydrocarbures, suivi de la formalisation juridique de la filiale par le Conseil des ministres.
Pourquoi maintenant ?
Cette décision n'a rien d'improvisé. Elle fait suite à l'expiration de la durée de validité de l'autorisation dont bénéficiaient les précédents opérateurs privés sur ce bloc. Plutôt que de relancer immédiatement un appel à de nouveaux partenaires, l'État a choisi de sécuriser lui-même la gestion de cet actif stratégique, pour le compte de la nation.
Une manière, pour la Côte d'Ivoire, d'affirmer sa volonté de garder la main sur ses ressources pétrolières et de continuer à structurer un secteur énergétique en pleine expansion, à l'heure où le pays cherche à consolider sa production nationale d'hydrocarbures.
