Minéraux critiques : à Abidjan, l'Afrique veut faire de ses richesses minières un moteur de développement

Le forum interministériel sur les minéraux critiques, organisé à Abidjan par la Banque africaine de développement, a réuni une trentaine de ministres africains pour promouvoir la transformation locale des ressources minières et faire de ces richesses un moteur d'industrialisation et de croissance en Afrique.
Abidjan a accueilli, le vendredi 10 juillet 2026, un forum interministériel de haut niveau consacré aux minéraux critiques, sous l'égide de la Banque africaine de développement (BAD). Cette rencontre a réuni une trentaine de ministres africains, des représentants de la Commission de l'Union africaine, du Département du Trésor des États-Unis, du ministère japonais des Finances, de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA), ainsi que des institutions financières comme Afreximbank et l'Alliance des institutions financières multilatérales africaines (AAMFI).
Ouvert par le président du Groupe de la BAD, Dr Sidi Ould Tah, le forum a également été marqué par l'intervention du ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, qui a mis en avant les importantes ressources minières de la Côte d'Ivoire.
« La Côte d'Ivoire dispose d'un potentiel minier considérable. Environ 35 % de son territoire repose sur des formations birimiennes, riches en or, tandis que les trois quarts du territoire national sont considérés comme potentiellement riches en minéraux critiques », a-t-il souligné.
Dans un contexte où la demande mondiale explose sous l'effet de la transition énergétique, les participants ont affiché une ambition commune : faire des minéraux critiques un véritable levier d'industrialisation, de création d'emplois et de transformation économique en Afrique.
Le continent possède en effet des atouts majeurs. Selon les chiffres présentés au forum, 30 % des réserves mondiales de minéraux critiques (cobalt, lithium, graphite, cuivre et nickel) se trouvent en Afrique. La valeur de ces ressources est estimée à 29 500 milliards de dollars, dont 8 600 milliards de dollars restent encore inexploités. D'ici à 2040, la demande mondiale devrait progresser de plus de 1 000 % pour les métaux du groupe du platine et de 842 % pour le lithium.
Face à ce potentiel, les dirigeants africains veulent rompre avec le modèle consistant à exporter des minerais bruts. Leur objectif est désormais de développer la transformation locale afin de créer davantage de valeur ajoutée, de stimuler l'industrialisation et de renforcer les économies africaines.
Les échanges ont également porté sur la création de chaînes de valeur régionales, le développement des infrastructures, le financement des projets industriels, la recherche, l'innovation et la formation des compétences. Les participants ont insisté sur la nécessité d'améliorer le climat des affaires, de sécuriser les investissements et de renforcer les cadres réglementaires.
L'exploitation responsable des ressources minières a aussi occupé une place centrale dans les discussions. Les intervenants ont plaidé pour une gouvernance plus transparente, le respect des normes environnementales et une meilleure protection des communautés locales, afin que les retombées économiques profitent durablement aux populations.
À travers ce forum, la BAD réaffirme son engagement à accompagner les États africains dans la valorisation de leurs ressources minières. Pour les participants, l'avenir du secteur ne réside plus uniquement dans l'extraction, mais dans la capacité de l'Afrique à transformer ses richesses sur son territoire et à s'imposer comme un acteur incontournable de la transition énergétique mondiale.
