Marché des titres publics de l'UEMOA : la Côte d'Ivoire emprunte à 3,47 %, le Sénégal paie plus du double

La semaine du 29 juin au 3 juillet 2026, les États de l’UEMOA ont levé 255 milliards FCFA sur le marché régional des titres publics, avec une forte demande des investisseurs (taux de couverture de 153,90 %). La Côte d’Ivoire s’est distinguée en obtenant 110 milliards FCFA à un taux de 3,47 %, contre 7,82 % pour le Sénégal, illustrant une nette différenciation des conditions de financement selon la perception du risque souverain.
La semaine du 29 juin au 3 juillet 2026 a été particulièrement dynamique sur le marché régional des titres publics de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Quatre États membres – la Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Burkina Faso et la Guinée-Bissau ont sollicité les investisseurs pour un montant global de 255 milliards de FCFA à travers plusieurs émissions de Bons assimilables du Trésor (BAT) et d'Obligations assimilables du Trésor (OAT).
Au terme des adjudications organisées par UMOA-Titres, les investisseurs ont proposé 392,44 milliards de FCFA, soit un taux de couverture global de 153,90 %. Cette forte demande confirme la confiance des opérateurs dans le marché régional et la disponibilité de liquidités pour financer les États de l'Union.
La Côte d'Ivoire a réalisé la plus importante opération de la semaine. Alors qu'elle recherchait 100 milliards de FCFA, les investisseurs ont proposé 155,08 milliards de FCFA, permettant au Trésor public de retenir 110 milliards de FCFA.
Sur les Bons assimilables du Trésor (BAT) à 364 jours, le rendement moyen pondéré s'est établi à 3,47 %, le niveau le plus faible enregistré parmi les quatre pays émetteurs. Ce taux traduit la forte confiance des investisseurs envers la signature souveraine ivoirienne et la solidité de ses fondamentaux économiques.
Le Sénégal a également mobilisé des ressources sur le marché régional, mais à des conditions financières nettement moins favorables.
Pour des BAT de même maturité (364 jours), le rendement moyen pondéré a atteint 7,82 %, soit plus du double du taux obtenu par la Côte d'Ivoire. Cet écart reflète une perception différenciée du risque souverain par les investisseurs, qui ajustent leurs exigences de rémunération en fonction des perspectives économiques et budgétaires de chaque État.
L'ensemble des opérations menées au cours de la semaine témoigne de la profondeur croissante du marché régional des titres publics.
Avec 392,44 milliards de FCFA de soumissions pour un besoin initial de 255 milliards de FCFA, les émissions ont enregistré une sursouscription de 137,44 milliards de FCFA. Les banques commerciales, compagnies d'assurance, organismes de placement collectif et autres investisseurs institutionnels continuent ainsi d'accorder leur confiance aux titres publics émis par les États membres de l'UEMOA.
Toutefois, les conditions de financement diffèrent sensiblement selon la qualité de la signature souveraine. Les États présentant les meilleurs indicateurs macroéconomiques et une gestion budgétaire jugée plus solide bénéficient de coûts d'emprunt plus faibles.
Selon le calendrier d'émissions publié par UMOA-Titres, les huit États membres de l'Union prévoyaient de lever 3 075,5 milliards de FCFA sur le marché régional au cours du deuxième trimestre 2026.
La Côte d'Ivoire demeure le premier emprunteur de l'Union avec un programme prévisionnel de 980 milliards de FCFA, devant le Sénégal (658 milliards de FCFA) et le Niger (420 milliards de FCFA). Cette programmation illustre l'importance croissante du marché régional comme principale source de financement des budgets publics.
Les résultats des adjudications de la semaine confirment que le marché régional des titres publics reste suffisamment liquide pour accompagner les besoins de financement des États de l'UEMOA. Ils mettent également en évidence une différenciation de plus en plus marquée entre les signatures souveraines.
La Côte d'Ivoire continue ainsi de bénéficier des meilleures conditions de financement grâce à la confiance des investisseurs, tandis que d'autres pays, comme le Sénégal, doivent consentir des rendements plus élevés afin d'attirer les capitaux nécessaires au financement de leurs programmes budgétaires.
