Économie

Blanchiment des capitaux : Abidjan érigée en hub régional avec le nouveau siège du GIABA

Par ESSOH EmmanuelLe jeudi 20 août 2026 à 18:38
Blanchiment des capitaux : Abidjan érigée en hub régional avec le nouveau siège du GIABA

Edwin W. Harris Jr., Directeur général du GIABA, a salué la confiance accordée à son organisation et remercié le président Alassane Ouattara pour son soutien

Le Groupe Intergouvernemental d'Action contre le Blanchiment d'Argent en Afrique de l'Ouest (GIABA) a inauguré le mercredi 12 aout 2026, les nouveaux locaux de son Centre d'Information d'Abidjan. Offerte par le gouvernement ivoirien et installée à Cocody (Deux-Plateaux, 7e Tranche), cette infrastructure fait de la capitale économique ivoirienne un hub stratégique de lutte contre la criminalité financière en Afrique de l'Ouest.

Un centre aux missions élargies

Complémentaire au bureau de Lagos, dédié aux pays anglophones, ce centre couvre les besoins des États francophones et lusophones de la CEDEAO. Il intègre un centre de formation assistée par ordinateur (CBT) pour la mise à niveau des acteurs financiers et judiciaires, ainsi qu'une bibliothèque virtuelle destinée aux chercheurs, institutions et étudiants.

La cérémonie de remise des clés s'est tenue sous la direction du Ministre de l'Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, en présence d'Edwin W. Harris Jr., Directeur général du GIABA, et du Général Idrissa Touré, président de la CENTIF. Le ministre y a vu « la ferme volonté du gouvernement ivoirien d'accompagner les efforts du GIABA », tandis que Harris Junior a salué le soutien du président Alassane Ouattara.

Cette inauguration s'inscrit dans le prolongement de l'Accord de Siège signé le 29 mars 2014 à Yamoussoukro, lui-même issu d'une décision de la 65e session du Conseil des ministres de la CEDEAO du 26 novembre 2010 à Abuja. Le centre ivoirien avait ouvert une première fois le 21 septembre 2015.

La Côte d'Ivoire sous surveillance du GAFI : les chiffres clés

Cette ouverture intervient alors que la Côte d'Ivoire figure, depuis octobre 2024, sur la « liste grise » du Groupe d'Action Financière (GAFI). Les données officielles disponibles dressent un état des lieux précis :

22 pays figuraient sur la liste grise en juin 2026, dont 6 pays africains (Angola, Cameroun, Côte d'Ivoire, RD Congo, Kenya, Soudan du Sud).

Seuls 2 pays l'Algérie et la Namibie  en sont sortis lors de la plénière de juin 2026 à Paris.

Le Pôle pénal économique et financier (PPEF) a ouvert plus de 1 000 dossiers pour soupçons de blanchiment. Depuis sa création en 2020, il a examiné 1 964 procédures et prononcé 819 jugements.

Ces actions ont permis la saisie de 15 milliards de FCFA sur des comptes bancaires depuis 2022, ainsi que la confiscation de 97 immeubles et de milliers de véhicules.

Le dispositif national est passé de 18 à 30 recommandations conformes aux standards du GAFI.

En 2023, la Côte d'Ivoire affichait un score de 40/100 à l'Indice de Perception de la Corruption de Transparency International, la plaçant au 87e rang sur 180 pays (contre 37/100 l'année précédente).

Une mission d'évaluation du GAFI est attendue avant la plénière d'octobre 2026, échéance décisive pour une éventuelle sortie de la liste grise.