Économie

Ghana : le paiement direct cedi-yuan pour réduire la dépendance au dollar

Par ESSOH EmmanuelLe vendredi 9 octobre 2026 à 14:58
Ghana : le paiement direct cedi-yuan pour réduire la dépendance au dollar

Le Ghana expérimente depuis le 2 octobre 2026 un mécanisme de paiement direct entre le cedi et le yuan pour les importations chinoises. Cette initiative vise à réduire les frais de conversion et la dépendance au dollar américain

Le Ghana franchit une nouvelle étape dans la diversification de ses paiements internationaux. Depuis le début du mois d’octobre 2026, les importateurs ghanéens disposent d’une solution leur permettant de régler certains achats en Chine à partir de leurs comptes en cedis, sans devoir acheter au préalable des dollars américains.   

Officialisée le 2 octobre 2026, cette initiative vise à simplifier les transactions commerciales, à réduire les coûts de conversion et à limiter le recours aux intermédiaires bancaires. Le dispositif est piloté par Stanbic Bank Ghana, avec l’autorisation de la Banque du Ghana. La Ghana Commercial Bank (GCB) prépare également un service similaire.    

Le mécanisme repose sur le China Cross-Border Interbank Payment System (CIPS), le système chinois de paiements interbancaires transfrontaliers. Concrètement, un importateur ghanéen peut effectuer son règlement en cedis depuis son compte local, tandis que son fournisseur chinois reçoit le paiement en yuans.   

Cette solution permet d’éviter, pour les transactions éligibles, l’étape consistant à convertir d’abord les cedis en dollars avant de régler une facture en Chine. Elle pourrait ainsi réduire certains frais de conversion et faciliter les paiements entre les entreprises des deux pays.   

Pour le Ghana, l’intérêt est notamment de limiter la demande de dollars liée aux importations chinoises. Dans un contexte où les entreprises doivent gérer les fluctuations des devises et les coûts des transferts internationaux, une voie de paiement directe peut offrir davantage de souplesse.   

Cette initiative intervient alors que les échanges commerciaux entre Accra et Pékin continuent de progresser. Selon la Ghana News Agency, ils ont atteint 14,1 milliards de dollars en 2025, en hausse de 19,3 % sur un an. La Chine figure parmi les principaux partenaires commerciaux du Ghana.   

La nouvelle route de paiement pourrait donc faciliter une partie des transactions entre les deux économies, à condition que les banques et les opérateurs économiques s’approprient progressivement le dispositif.    

Il ne s’agit toutefois pas d’un abandon du dollar américain. Le mécanisme concerne les paiements éligibles liés au commerce avec la Chine. Les transactions en dollars, en euros ou en livres sterling continuent de passer par les circuits bancaires habituels.   

Pour l’heure, l’enjeu est surtout de proposer une alternative supplémentaire aux entreprises ghanéennes. Les résultats de cette phase pilote permettront de mesurer les économies réellement réalisées et les possibilités d’extension à d’autres banques.   

 Si l’expérience se révèle concluante, elle pourrait inspirer d’autres initiatives africaines visant à diversifier les moyens de paiement du commerce international.