Côte d’Ivoire : Thibault Yoro suspendu de l’ OIA Café-Cacao, le Conseil d’administration attendu le 3 novembre

Suspendu à titre conservatoire depuis le 26 octobre 2026, Thibault Yoro est visé par des accusations de coopératives concernant des versements présumés liés au déchargement de stocks résiduels de cacao. Le Conseil d’administration de l’ OIA Café-Cacao doit examiner le dossier le 3 novembre
La filière café-cacao ivoirienne est secouée par une nouvelle affaire au sein de son organisation interprofessionnelle. Thibault Yoro a été suspendu à titre conservatoire de l’ensemble de ses fonctions au sein de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) Café-Cacao CI. La décision, prise le 25 octobre 2026 par le président du Conseil d’administration, est entrée en vigueur le lendemain, dans l’attente d’un examen approfondi de sa situation.
Selon des informations rapportées par plusieurs médias ivoiriens, cette mesure fait suite à des signalements de coopératives agricoles concernant des versements d’argent présumés. L’affaire intervient dans un contexte déjà marqué par des désaccords entre l’administrateur et les responsables de l’interprofession, notamment autour de la gestion des stocks résiduels de cacao et du prix bord champ.
Au cœur du dossier figurent des courriers que plusieurs coopératives auraient adressés à l’ OIA Café-Cacao CI. Selon les informations publiées, ces structures affirment avoir remis de l’argent à Thibault Yoro dans l’espoir d’obtenir une facilitation pour le déchargement de leurs stocks résiduels de cacao.
Les coopératives concernées soutiendraient que les opérations annoncées n’ont finalement pas été réalisées, malgré les versements évoqués. Ces déclarations auraient conduit les responsables de l’organisation à prendre une mesure conservatoire à l’encontre de l’administrateur.
La suspension entraîne, selon les comptes rendus de la décision, son retrait temporaire de ses fonctions au sein de l’interprofession et de ses responsabilités de représentation officielle. Elle ne constitue toutefois pas une condamnation. Les faits rapportés restent à examiner et les accusations formulées par les coopératives doivent encore être établies.
Cette distinction est importante dans un dossier qui touche à la fois aux relations entre les acteurs de la filière et aux mécanismes de gestion des stocks de cacao.
De son côté, Thibault Yoro conteste les accusations portées contre lui. D’après les informations rapportées par la presse locale, il affirme avoir lui-même engagé une plainte contre le directeur général du Conseil du Café-Cacao (CCC).
Selon sa position, cette démarche vise à faire respecter les droits des coopératives agricoles concernant l’enlèvement de leurs stocks résiduels. L’administrateur replacerait ainsi le différend dans le cadre plus large des difficultés rencontrées par certains producteurs et opérateurs pour faire évacuer leurs stocks.
Les deux volets de cette affaire doivent néanmoins être distingués : d’une part, les accusations de versements présumés formulées par des coopératives et, d’autre part, la procédure que Thibault Yoro affirme avoir engagée contre le responsable du CCC. Les éléments disponibles ne permettent pas, à ce stade, de tirer une conclusion définitive sur les responsabilités des différentes parties.
L’ OIA Café-Cacao CI prévoit d’examiner le dossier lors d’une réunion de son Conseil d’administration fixée au 3 novembre 2026 à Abidjan. Cette rencontre doit permettre aux responsables de l’organisation de se prononcer sur la situation de Thibault Yoro et sur les suites à donner à sa suspension conservatoire.
D’ici cette échéance, l’administrateur demeure concerné par une mesure temporaire, et non par une décision définitive établissant sa culpabilité. L’examen du dossier sera donc déterminant pour clarifier les faits dénoncés et déterminer les éventuelles mesures à prendre.
Cette affaire survient après plusieurs divergences publiques entre Thibault Yoro et le bureau national de l’ OIA Café-Cacao CI. En septembre 2026, l’administrateur avait contesté la revalorisation du prix officiel du cacao, fixé à 1 200 FCFA le kilogramme. Cette prise de position avait suscité une réaction de l’organisation, qui avait appelé au calme et rejeté l’option d’une grève.
Ces désaccords illustrent les tensions qui peuvent traverser l’interprofession dans un secteur essentiel à l’économie ivoirienne et aux revenus de nombreux producteurs.
La réunion du 3 novembre sera donc suivie de près par les acteurs de la filière. Au-delà du cas individuel de Thibault Yoro, l’enjeu est aussi de clarifier les conditions de gestion des stocks résiduels et de préserver la confiance entre les coopératives et les structures chargées de défendre leurs intérêts. Les conclusions du Conseil d’administration permettront de connaître la suite réservée à cette affaire, sans préjuger des éventuelles responsabilités qui resteraient à établir.
