Économie

Côte d’Ivoire–Royaume-Uni : 840 milliards de FCFA d’échanges, Londres veut accélérer les investissements

Par ESSOH EmmanuelLe mardi 20 octobre 2026 à 14:35
Côte d’Ivoire–Royaume-Uni : 840 milliards de FCFA d’échanges, Londres veut accélérer les investissements

Reçu à Abidjan le 16 octobre 2026, le commissaire britannique au commerce pour l’Afrique, Alastair Long, a réaffirmé l’ambition du Royaume-Uni de renforcer ses investissements en Côte d’Ivoire. Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 840 milliards de FCFA en 2025

Les relations économiques entre la Côte d’Ivoire et le Royaume-Uni prennent une nouvelle dimension. En 2025, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 1,1 milliard de livres sterling, soit environ 840 milliards de FCFA. Un volume qui témoigne de l’importance de ce partenariat et ouvre de nouvelles perspectives pour les deux économies.

Cette ambition a été réaffirmée lors d’une rencontre tenue le vendredi 16 octobre 2026 à la résidence de l’ambassadeur britannique à Abidjan, dans le cadre de la visite officielle d’Alastair Long, commissaire au commerce du Royaume-Uni pour l’Afrique, en Côte d’Ivoire, du 13 au 16 octobre 2026.

À cette occasion, Londres a mis en avant sa volonté de renforcer les investissements dans le pays, avec un accent particulier sur l’industrialisation et le développement de partenariats économiques. L’objectif est de consolider les relations commerciales tout en accompagnant la transformation de l’économie ivoirienne.

Avec 1,1 milliard de livres sterling d’échanges en 2025, la Côte d’Ivoire et le Royaume-Uni disposent d’une base solide pour approfondir leur coopération. Pour Londres, l’enjeu est désormais de faire de cette dynamique commerciale un levier supplémentaire d’investissement et de développement économique.

L’industrialisation figure au cœur de cette orientation. Pour la Côte d’Ivoire, qui cherche à accroître la transformation locale de ses ressources et à créer davantage d’emplois, l’arrivée de nouveaux partenaires peut représenter une opportunité.

Les investissements britanniques pourraient contribuer au développement d’activités productives, à l’amélioration des infrastructures et au renforcement des compétences. Pour les entreprises ivoiriennes, l’enjeu sera également de tirer profit de ces relations en développant des collaborations capables de soutenir leur croissance.

La progression des échanges reste toutefois une première étape. Les retombées réelles de cette coopération dépendront notamment de la concrétisation des investissements annoncés et de leur capacité à bénéficier à l’économie locale.

La coopération entre Abidjan et Londres s’appuie aussi sur un dispositif financier important. En mars 2026, la Côte d’Ivoire et UK Export Finance (UKEF), l’agence britannique de crédit à l’exportation, ont signé un document-cadre prévoyant environ 3 milliards de livres sterling d’accompagnement financier.

Ce mécanisme doit notamment contribuer au financement de projets éducatifs majeurs. Parmi les réalisations concernées figurent la construction de 56 collèges, l’université d’ Adiaké et des résidences universitaires.

Ces infrastructures répondent à des besoins concrets. La construction de nouveaux collèges doit contribuer à renforcer les capacités d’accueil du système éducatif, tandis que les projets universitaires visent à accompagner la progression des effectifs dans l’enseignement supérieur et à améliorer les conditions de vie des étudiants.

Il convient cependant de distinguer l’enveloppe d’accompagnement annoncée des sommes effectivement décaissées. Le document-cadre définit une capacité de soutien financier, mais le financement et l’exécution de chaque projet doivent être appréciés selon leur état d’avancement.

Au-delà des montants annoncés, les projets éducatifs illustrent la volonté de donner une dimension concrète à la coopération bilatérale. En Côte d’Ivoire, la pression sur les infrastructures scolaires et universitaires rend nécessaire la réalisation de nouveaux établissements et l’amélioration des conditions d’apprentissage.

Les 56 collèges prévus, l’université d’ Adiaké et les résidences universitaires pourraient ainsi contribuer à renforcer l’offre de formation. Leur impact dépendra néanmoins du respect des délais, de la qualité des ouvrages et des moyens consacrés à leur fonctionnement.

La réalisation de ces projets pourrait également mobiliser des entreprises et des compétences techniques, à condition que les modalités d’exécution favorisent des retombées économiques locales.

Le partenariat entre les deux pays ne se limite pas au commerce et au financement des infrastructures. Les relations diplomatiques facilitent également les échanges institutionnels, universitaires et humains.

L’ambassade de Côte d’Ivoire au Royaume-Uni participe notamment à l’accompagnement des ressortissants ivoiriens et à la diffusion d’informations sur les possibilités de formation. Des programmes de bourses destinés aux étudiants et doctorants ivoiriens peuvent offrir des perspectives de perfectionnement et contribuer au développement des compétences.

Les candidats doivent toutefois consulter les canaux officiels pour connaître les conditions d’éligibilité, les calendriers et les pièces requises. Les démarches de visa obéissent, de leur côté, aux procédures britanniques applicables.

Avec 840 milliards de FCFA d’échanges commerciaux en 2025 et un cadre financier annoncé de 3 milliards de livres sterling, la Côte d’Ivoire et le Royaume-Uni disposent de leviers importants pour renforcer leur partenariat.

La rencontre du 16 octobre 2026 à Abidjan a permis de remettre en avant les ambitions britanniques en matière d’investissement et d’industrialisation. Le véritable défi sera désormais de transformer ces engagements en résultats mesurables : des infrastructures livrées, des investissements productifs, des emplois créés et des compétences renforcées.

Pour Abidjan comme pour Londres, la réussite de cette coopération se jugera moins aux montants annoncés qu’à ses effets concrets sur l’économie et les populations. La mise en œuvre des projets et l’implication des acteurs locaux seront déterminantes pour inscrire ce partenariat dans la durée.