Côte d’Ivoire–Italie : 639 millions d’euros mobilisés et un bureau permanent de la CDP annoncé à Abidjan

le renforcement des investissements en Côte d’Ivoire. Près de 639 millions d’euros ont été mobilisés via le Plan Mattei, tandis que la banque publique CDP annonce un bureau permanent à Abidjan
La coopération économique entre la Côte d’Ivoire et l’Italie franchit une nouvelle étape. Près de 639 millions d’euros ont été mobilisés pour financer des projets de développement en Côte d’Ivoire dans le cadre du Plan Mattei pour l’Afrique. Dans le même temps, la banque publique italienne Cassa Depositi e Prestiti (CDP) a annoncé l’ouverture d’un bureau permanent à Abidjan afin de mieux accompagner les investissements italiens dans le pays.
Ces perspectives ont été au cœur des échanges entre le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, et une délégation d’investisseurs italiens conduite par l’ambassadrice d’Italie en Côte d’Ivoire, Roberta Di Lecce, et l’envoyé spécial pour le Plan Mattei, Massimo Riccardo. La rencontre s’est tenue le jeudi 15 octobre 2026, en marge de la première édition du Forum sur les investissements italiens en Côte d’Ivoire.
Au-delà des annonces financières, cette rencontre traduit la volonté des deux pays de renforcer leurs relations économiques et de donner une nouvelle impulsion aux partenariats entre entreprises ivoiriennes et italiennes.
Lancé par l’Italie pour renforcer ses relations avec les pays africains, le Plan Mattei constitue l’un des principaux cadres de cette coopération. Il vise notamment à encourager les investissements, à soutenir les projets de développement et à établir des partenariats dans des secteurs jugés stratégiques pour les économies concernées.
En Côte d’Ivoire, les quelque 639 millions d’euros mobilisés dans ce cadre représentent une enveloppe importante pour accompagner différents projets. Cette mobilisation financière ouvre des perspectives pour le développement des infrastructures et le renforcement des capacités productives du pays.
Toutefois, l’impact réel de ces financements dépendra des projets effectivement mis en œuvre, de leur calendrier d’exécution et des retombées économiques et sociales pour les populations. Les modalités précises de répartition de l’enveloppe entre les différents secteurs devront également permettre de mieux apprécier les effets attendus.
Pour les autorités ivoiriennes, l’enjeu consiste à attirer davantage de capitaux étrangers tout en veillant à ce que ces investissements contribuent aux priorités nationales de développement, notamment celles inscrites dans le Plan national de développement (PND) 2026-2030.
Autre annonce importante : la banque publique italienne Cassa Depositi e Prestiti prévoit d’installer un bureau permanent à Abidjan. Cette présence doit faciliter le suivi des investissements et rapprocher l’institution des acteurs économiques ivoiriens.
L’installation de la CDP dans la capitale économique ivoirienne pourrait favoriser une meilleure identification des projets à financer et simplifier les échanges avec les entreprises, les institutions publiques et les partenaires locaux.
Pour les investisseurs, la présence d’un interlocuteur permanent peut également faciliter la compréhension de l’environnement économique et des opportunités offertes par le marché ivoirien.
Les secteurs ciblés par les discussions comprennent notamment l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, la santé et l’urbanisme durable. La transformation locale du cacao figure également parmi les domaines d’intérêt, dans un contexte où la Côte d’Ivoire cherche à accroître la valeur ajoutée créée sur son territoire.
Dans le secteur agricole, le développement de capacités locales de transformation pourrait contribuer à diversifier les activités industrielles, à soutenir l’emploi et à renforcer la place du pays dans les chaînes de valeur internationales. Dans l’énergie et les infrastructures, les partenariats peuvent accompagner les besoins croissants liés au développement économique et urbain.
Les relations entre Abidjan et Rome reposent déjà sur des échanges commerciaux soutenus. Selon les chiffres communiqués à l’occasion de cette rencontre, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint environ 829 millions d’euros en 2025, soit une progression de 11 % par rapport à l’année précédente.
Cette évolution témoigne du potentiel de développement des relations économiques bilatérales. Elle offre également une base sur laquelle les deux pays peuvent chercher à renforcer les investissements, diversifier les partenariats et multiplier les débouchés pour leurs entreprises respectives.
La première édition du Forum sur les investissements italiens en Côte d’Ivoire s’inscrit dans cette dynamique. Elle constitue un espace de dialogue entre les acteurs publics et privés, avec pour objectif de rapprocher les besoins de l’économie ivoirienne des capacités financières, technologiques et industrielles des entreprises italiennes.
Avec les financements mobilisés dans le cadre du Plan Mattei, l’installation annoncée de la CDP à Abidjan et la progression des échanges commerciaux, la coopération entre la Côte d’Ivoire et l’Italie dispose de plusieurs leviers pour se développer.
Le défi sera désormais de transformer ces engagements en projets concrets, capables de soutenir la production locale, de créer des emplois et d’améliorer les infrastructures. La capacité à mobiliser les entreprises ivoiriennes, à assurer le suivi des financements et à mesurer les résultats sera déterminante.
Pour la Côte d’Ivoire, ce rapprochement représente une occasion supplémentaire de diversifier ses partenariats économiques et de mobiliser des ressources au service de ses priorités de développement. Pour l’Italie, il offre un cadre pour renforcer sa présence économique en Afrique de l’Ouest.
Les prochaines étapes permettront de mesurer dans quelle mesure les annonces formulées en octobre 2026 se traduiront par des investissements effectifs et des retombées durables pour les deux économies.
