Économie

Filière hévéa en Côte d’Ivoire : vers un réajustement des primes face aux tensions du marché

Par ESSOH EmmanuelLe vendredi 9 octobre 2026 à 12:03
Filière hévéa en Côte d’Ivoire : vers un réajustement des primes face aux tensions du marché

Face au retour des primes incitatives de 30 à 60 FCFA/kg, le Conseil Hévéa-Palmier à Huile-Coco et l’ APROMAC envisagent de réajuster le mécanisme instauré en mai 2026 pour mieux réguler la filière hévéa ivoirienne

Le mécanisme des primes dans la filière hévéa ivoirienne pourrait bientôt évoluer. Le Conseil Hévéa-Palmier à Huile-Coco (CHPC) envisage de réajuster le dispositif instauré en mai 2026, après avoir constaté que les mesures adoptées n’ont pas produit tous les effets attendus. Au cœur des préoccupations : le retour des primes incitatives élevées, qui fragilise les efforts de régulation du marché.  

 À l’origine, le mécanisme devait mieux encadrer l’approvisionnement des usines de transformation et limiter la concurrence entre acheteurs. Les primes avaient ainsi été plafonnées à 10 FCFA par kilogramme, avec l’objectif d’éviter une surenchère susceptible de déséquilibrer les relations entre producteurs et transformateurs.  

 Mais sur le terrain, la situation reste difficile à maîtriser. Des primes non conformes au dispositif, parfois comprises entre 30 et 60 FCFA/kg, auraient refait leur apparition. Un écart important par rapport au plafond initial, qui remet en question l’efficacité des règles établies.  

Dans la filière hévéa, les primes jouent un rôle important dans les décisions de vente des producteurs et dans la capacité des usines à sécuriser leurs approvisionnements. Lorsqu’elles augmentent fortement, elles peuvent inciter les planteurs à privilégier certains acheteurs au détriment d’autres.  

 Pour les transformateurs, cette concurrence complique la prévision des coûts et la sécurisation des volumes nécessaires à leurs activités. Du côté des producteurs, les primes peuvent représenter un complément de revenu attractif, particulièrement lorsque plusieurs acheteurs se disputent la matière première.  

 L’enjeu consiste donc à trouver un compromis entre la rémunération des planteurs, les besoins des unités industrielles et la stabilité du marché.   

Face à ces difficultés, le CHPC et l’Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (APROMAC) envisagent des aménagements du dispositif. L’objectif serait de rendre le mécanisme plus efficace et de limiter les pratiques qui alimentent la concurrence sur les prix.  

 Les discussions entre les différentes parties doivent permettre de rechercher une formule mieux adaptée aux réalités du terrain. Les modalités précises du réajustement restent toutefois à clarifier.  

 Cette situation illustre les difficultés rencontrées dans la régulation d’une filière où les intérêts des producteurs et ceux des industriels ne coïncident pas toujours. Pour la filière hévéa ivoirienne, le défi est désormais de parvenir à un mécanisme suffisamment applicable pour préserver les revenus des planteurs, assurer l’approvisionnement des usines et maintenir un marché plus stable.