Économie

Cherté de la vie : le secteur économique réclame un allègement de la fiscalité

Par ESSOH EmmanuelLe mardi 1 septembre 2026 à 11:35
Cherté de la vie : le secteur économique réclame un allègement de la fiscalité

Face à la hausse du coût de la vie, plusieurs acteurs économiques ivoiriens appellent l'État à alléger la fiscalité pesant sur les ménages et les entreprises, notamment depuis l'entrée en vigueur de l'annexe fiscale 2026

Au marché, à la pompe, sur la facture du loyer : depuis le début de l'année 2026, beaucoup d'Ivoiriens ont l'impression que tout augmente en même temps. Et derrière ce sentiment diffus, une explication revient sans cesse dans la bouche des chefs d'entreprise et des acteurs économiques : le poids de la fiscalité. De plus en plus de voix appellent aujourd'hui l'État à desserrer l'étau pour redonner un peu d'air aux ménages.

Le point de départ de cette grogne, c'est l'annexe fiscale 2026, entrée en vigueur début janvier. Sur le papier, l'objectif est technique : élargir l'assiette fiscale, rationaliser le dispositif, mobiliser davantage de ressources pour l'État. Mais dans les faits, plusieurs mesures ont fait grincer des dents, à commencer par la suppression de certaines exonérations de TVA. Des produits comme les aliments pour bétail ou certains intrants agricoles se retrouvent désormais taxés au taux plein de 18 %. Résultat concret pour les consommateurs : le prix de la viande, entre autres, a grimpé.

Du côté de l'État, on assume ce choix, en le justifiant par un contexte économique difficile tensions internationales, ralentissement du commerce mondial et par des engagements pris avec le FMI pour augmenter progressivement la part des recettes fiscales dans l'économie. L'ambition reste forte : continuer de faire croître le pays à un rythme soutenu, tout en donnant à l'État davantage de moyens pour agir.

Mais sur le terrain, ce sont d'abord les acteurs économiques qui ressentent la pression. Dès le mois de janvier, la Fédération ivoirienne des petites et moyennes entreprises a pris la parole pour demander un allègement des mesures qui pèsent sur son secteur. Son message est simple : les PME et PMI, qui représentent près de 80 % du tissu économique du pays, ont besoin d'un cadre fiscal plus stable et plus prévisible pour continuer à investir, à embaucher et à rester compétitives, plutôt que d'un environnement qui se durcit chaque année un peu plus.

D'autres critiques, plus vives encore, sont allées jusqu'à accuser l'État d'organiser lui-même la cherté de la vie, en additionnant les taxes sur l'alimentation, le logement, les transports et jusqu'à l'activité économique elle-même bref, sur tout ce qui permet, au quotidien, de simplement vivre et travailler.

L'exécutif se retrouve ainsi pris entre deux feux : d'un côté, tenir ses engagements budgétaires et continuer de mobiliser des ressources pour financer ses politiques ; de l'autre, entendre une population qui sent son pouvoir d'achat s'éroder. Ce n'est pas un sujet nouveau pour les autorités. Le président Alassane Ouattara avait déjà, par le passé, demandé à son gouvernement d'intensifier la lutte contre la vie chère, allant jusqu'à créer une prime annuelle pour les retraités afin d'amortir l'impact de la hausse des prix sur leurs pensions.

Aujourd'hui, le terrain du débat s'est déplacé vers la fiscalité elle-même. D'un côté, l'État continue d'appeler le secteur privé à investir davantage pour porter la croissance du pays. De l'autre, ce même secteur privé répond, en substance, qu'il a d'abord besoin qu'on lui laisse un peu plus de marge pour respirer.

Entre la nécessité pour l'État de financer ses ambitions et le besoin, tout aussi réel, des ménages et des entreprises de ne pas être étouffés par les prélèvements, le débat semble parti pour durer. Reste à voir si les prochains arbitrages budgétaires apporteront un réel soulagement, ou si 2026 restera, pour beaucoup de familles ivoiriennes, l'année où vivre est devenu un peu plus difficile.