Culture

Les pays dont l’hymne national ne comporte aucune parole

Par ESSOH EmmanuelLe lundi 22 juin 2026 à 14:35
Les pays dont l’hymne national ne comporte aucune parole

Alors que la plupart des nations disposent d’un hymne national accompagné de paroles, quelques États ont fait le choix d’une composition exclusivement instrumentale.

La grande majorité des pays du monde entier disposent d’un hymne national. Ces chants patriotiques, souvent nés à la suite d’une indépendance, d’une révolution ou d’une victoire militaire, exaltent la fierté nationale, le courage et l’attachement à la patrie. Interprétés lors des cérémonies officielles et des grands événements sportifs, ils rendent également hommage aux pères fondateurs des nations.

Toutefois, quelques exceptions existent. quatre (04)  pays dans le monde ont choisi de conserver un hymne national exclusivement instrumental, sans paroles officielles. À ceux-ci s’ajoute l’Union européenne, dont l’hymne est également dépourvu de texte.

Les États concernés sont :l’Espagne ,le Saint-Marin ,la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo .À cette liste s’ajoute l’Union européenne.

Espagne : la « Marcha Real » : l’un des plus anciens encore en usage. Sa musique a été imprimée pour la première fois en 1761 dans un recueil de marches militaires intitulé El Libro de la Ordenanza de los toques militares de la Infantería Española. La partition a été transcrite et compilée par Manuel de Espinosa de los Monteros sous le nom de Marcha de Granaderos (Marche des Grenadiers).

plusieurs tentatives ont été menées pour doter la Marcha Real de paroles officielles. La version la plus connue a été rédigée en 1928 par le poète José María Pemán à la demande du général Miguel Primo de Rivera. Bien que largement diffusées et enseignées sous le régime franquiste, ces paroles n’ont jamais été officiellement adoptées. Après la disparition du régime de Franco en 1975, elles sont progressivement tombées en désuétude.

Saint-Marin :L’Inno Nazionale della Repubblica a été officiellement adopté le 11 septembre 1894. Sa musique est l’œuvre du violoniste italien Federico Consolo.

Si le célèbre poète italien Giosuè Carducci a par le passé, rédigé des paroles pour accompagner la mélodie, celles-ci n’ont jamais été adoptées officiellement par les autorités de Saint-Marin.

la Bosnie-Herzégovine, Intermeco, a été composé en 1998 par Dušan Šestić. Son adoption intervient dans un contexte particulier : celui de la reconstruction du pays après la guerre de Bosnie (1992-1995).

Trois ans après la signature des accords de Dayton, qui ont mis un terme à la guerre de Bosnie,  En l’absence d’un consensus sur des paroles pouvant représenter l’ensemble de la population, le choix s’est porté sur un hymne exclusivement instrumental.

kossovo :Adopté en juin 2008, quelques mois après l’indépendance du pays, l’hymne national intitulé Europe, a été composé par Mendi Mengjiqi. Sa principale particularité réside dans l’absence totale de paroles. Ce choix a été fait afin de préserver la neutralité de l’hymne et de garantir une représentation équitable des différentes communautés ethniques vivant sur le territoire.

L’Union européenne et l’« Ode à la joie »

Depuis 1985, l’Union européenne a pour hymne officiel l’Ode à la joie, extraite du dernier mouvement de la Neuvième Symphonie de Ludwig van Beethoven. Ce choix vise à dépasser les barrières linguistiques entre les États membres et à incarner de manière universelle les valeurs de liberté, de paix, d’unité et de solidarité qui fondent le projet européen.

Si les hymnes nationaux sont généralement associés à des paroles, certains pays ont fait le choix de la sobriété musicale. Ils  démontrent qu’une simple mélodie peut incarner l’unité nationale. ces hymnes instrumentaux rappellent que la musique, à elle seule, peut transcender les langues, les cultures et les différences pour rassembler les peuples autour d’un symbole commun.