Détroit d’Ormuz, quel impact sur l’économie africaine ?

Alors que les tensions au Moyen-Orient perturbent le détroit d’Ormuz, principal corridor mondial du pétrole et des matières premières, leurs effets dépassent largement la région pour toucher les économies africaines.
Alors que les tensions au Moyen-Orient se sont intensifiées depuis le 28 février 2026, à la suite d’une offensive attribuée aux États-Unis et à Israël contre l’Iran, la situation sécuritaire a fini par perturber l’un des axes maritimes les plus stratégiques du commerce mondial : le détroit d’Ormuz. Ce passage maritime, par lequel transite une part importante du pétrole et des matières premières mondiales, constitue un point névralgique de l’économie internationale.
Les perturbations enregistrées dans cette zone ont rapidement dépassé le cadre régional pour produire des effets en chaîne sur les économies africaines, malgré leur éloignement géographique du théâtre des opérations.
Selon plusieurs estimations, environ 80 % de la demande en produits pétroliers de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe dépend des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient. Par ailleurs, près d’un tiers des importations africaines d’engrais transiteraient par le détroit d’Ormuz, notamment l’urée, dont la production dépend étroitement du gaz naturel acheminé par cette voie maritime.
La crise aurait ainsi contribué à bloquer une part importante des flux d’engrais et à provoquer une flambée des cours du pétrole, avec un baril de Brent ayant frôlé les 126 dollars au plus fort des tensions. Cette hausse des prix aurait entraîné une dépréciation de plusieurs monnaies africaines et des surcoûts logistiques importants, notamment pour des organisations humanitaires et le Programme alimentaire mondial.
Environ 13 millions de barils par jour auraient été retirés du marché lors du pic de la crise, tandis qu’environ 13 % des importations totales de l’Afrique incluant produits pétroliers et engrais transiteraient par le détroit d’Ormuz.
Dans le même temps, certaines institutions internationales, dont le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), auraient subi une hausse significative de leurs coûts opérationnels liée à l’augmentation du prix du carburant, dans un contexte de financement déjà contraint.
Selon plusieurs analyses d’organisations internationales, dont la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), ces épisodes de perturbation logistique rappellent la forte dépendance du continent africain aux chaînes d’approvisionnement mondiales.
Dans ce contexte, cette crise met en évidence la nécessité pour les pays africains de renforcer leurs infrastructures, de développer leurs capacités de production locale et de progresser vers une plus grande autonomie énergétique, afin de mieux résister aux chocs extérieurs.
